La chronique judiciaire s’est emballée en cette fin de semaine avec la mise sous mandat de dépôt de deux anciennes ministres, Imane Houda Feraoun, qui était à la tête du département de la Poste et des Télécommunications, ainsi que de Djamila Tamazirt, qui a eu à diriger le secteur de l’Industrie.

Ces deux détentions, qui interviennent le jour même de la mise en prison de l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, allongent la liste des ministres de l’ère Bouteflika mis derrière les barreaux pour corruption.
S’agissant de la détention des deux femmes ministres, elle intervient dans la suite de leur placement sous contrôle judiciaire, conformément aux conclusions de leurs auditions depuis janvier dernier par la brigade d’investigation de la Gendarmerie nationale sur un certain nombre de dossiers relatifs à la gestion des deux secteurs respectifs.
Le placement en détention provisoire des deux anciennes ministres Houda Feraoun et Djamila Tamazirt intervient suite à appel introduit par le Procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed dans la décision de mise sous contrôle judiciaire des deux accusées. Accusée dans l’affaire liée à l’opérateur public, Algérie Télécom, Mme Feraoun est poursuivie pour «infractions aux dispositions législatives et réglementaires par l’octroi d’indus avantages à autrui lors de la passation de marchés publics, dilapidation de deniers publics et abus de fonction».
Pour sa part, Djamila Tamazirt est poursuivie pour «abus de pouvoir volontaire à l’effet d’accorder d’indus privilèges en violation des lois et réglementations, octroi d’avantages indus lors de la passation de marchés publics, dilapidation volontaire et détournement de deniers publics dans le cadre de l’exercice de fonctions, trafic d’influence, conflit d’intérêts, fausse déclaration des biens, blanchiment d’argent et de revenus criminels issus de la corruption». L’affaire de l’ex-ministre de l’Industrie (1er avril 2019 – 4 janvier 2020) remonte à la période où elle était à la tête du groupe Eriad.
Nouvelle audition
de Sellal
Par ailleurs, la justice a auditionné hier l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal dans un dossier de corruption dans le secteur de l’hydraulique qu’il a eu à diriger pendant plusieurs années. En plus de Sellal, en détention à la prison de Koléa, le juge de la 4e chambre du pôle criminel du Tribunal de Sidi M’hamed a également entendu Mustapha Rehiel, ancien chef de cabinet du Premier ministre et qui se trouve lui aussi en prison.
Il faut noter que la semaine prochaine, les juridictions devront se pencher sur de nombreuses affaires. C’est ainsi que le verdict dans le procès en appel des anciens ministres de la Solidarité, Djamel Ould Abbès et Barkat, est attendu pour le 13 décembre. Le Procureur général a requis une peine de 10 ans de prison ferme à l’encontre de Djamel Ould Abbès et 8 ans fermes contre Saïd Barkat. Les deux accusés sont poursuivis pour «dilapidation de deniers publics», «détournement de deniers publics», «conclusion de marchés en violation de la législation» et «abus de fonction».
Dans son réquisitoire, lors de l’audience du procès en appel des anciens ministres de la Solidarité nationale et leurs coaccusés, le Procureur général a précisé que le crime commis par les deux accusés était «établi». Aussi, a-t-il requis «une peine de 10 ans de prison ferme et une amende d’un million de DA contre Djamel Ould Abbès et une peine de 8 ans de prison ferme et une amende d’un million de DA contre Saïd Barkat.
Le Procureur général a également requis une peine de 5 ans de prison ferme et une amende d’un million de DA contre l’ancien Secrétaire général du ministère de la Solidarité nationale, Bouchenak Khelladi, et des peines allant de 4 à 5 ans de prison ferme et une amende de 500 000 DA contre les autres coaccusés, avec la confiscation de tous les biens provenant du crime.
Rappelons que Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat ont été condamnés, en première instance, respectivement, à 8 et 4 ans de prison ferme.
Au programme de la semaine prochaine figure également le procès en appel de l’affaire Kouninef, prévu le 16 décembre, après deux reports. Le dernier a été annoncé le 2 décembre à la suite d’une demande de la défense en raison de la constitution de nouveaux avocats dans l’affaire. Septembre dernier, le Tribunal de Sidi M’hamed avait condamné les frères Kouninef à des peines allant de 12 à 20 ans de prison ferme avec la saisie des biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays et des amendes de 8 millions de DA. n