Dans un contexte national et mondial, où le septième art est en quête d’un nouveau souffle, suite à de longs mois de confinement pour cause de pandémie de coronavirus, la talentueuse réalisatrice algérienne Drifa Mezenner, entourée d’une jeune équipe dynamique, vient de fonder et de lancer sur le net la plateforme numérique « Tahya Cinéma». Cette plateforme a comme principal objectif de permettre aux porteurs de projets cinématographique et audiovisuel de mener à terme leurs œuvres grâce à un réseau de professionnels interconnectés. Il est ainsi souligné dans la présentation de cette plateforme que « l’idée de Tahya Cinéma est née d’une longue expérience de terrain de sa fondatrice ainsi que de sa conviction que l’industrie cinématographique nécessite, en plus de la passion, des compétences et des financements».

Dès lors, selon la fondatrice et manager de cette plateforme, «c’est avec la conviction que la véritable solution pour la relance de la production cinématographique et audiovisuelle en Algérie est collective que la plateforme Tahya Cinéma rassemble et connecte les talents, les compétences et les professionnels du secteur de l’audiovisuel et du cinéma en Algérie. Elle leur fournit les outils pour trouver des opportunités de travail dans le secteur de l’audiovisuel et du cinéma, mais aussi des opportunités de production et de financement à leurs projets de films ». Ainsi, Tahya Cinéma propose à ses membres un réseau de professionnels et des opportunités de travail et permet aux porteurs de projet de rencontrer des bailleurs de fonds que ce soit des producteurs, des investisseurs, des sponsors ou des mécènes.

Un accès libre pour plus de fluidité
Dans un esprit d’offrir plus de fluidité dans la circulation de l’information, la plateforme comprend un volet ressources en accès libre pour permettre aux nouveaux membres de trouver les outils nécessaires à leur initiation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Cet espace est composé de trois catégories, formation, financement et distribution. Le volet formation consiste en un annuaire accompagné d’un moteur de recherche regroupant toutes les informations en matière de formation dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel, en Algérie et dans le monde. Quant à la catégorie financement, il s’agit, tel que son nom l’indique, d’un annuaire accompagné d’un moteur de recherche permettant de trouver des ressources pour le financement des films à travers le monde. Le troisième volet de cette espace ressources est consacré à la distribution et dresse une liste des salles de cinéma et de cinéclubs actifs en Algérie ainsi qu’un moteur de recherche présentant les festivals dans différents pays.
Par ailleurs, en plus d’aspirer à participer à l’émergence d’une dynamique facilitant la communication dans la communauté du cinéma et de l’audiovisuel et aussi avec le monde de l’entreprise, Tahya Cinéma a également comme ambition de faciliter le réseautage avec les professionnels en construisant un climat favorable à l’échange d’expertise au sein de la communauté à travers la création de réseaux actifs qui permettent aux professionnels de valoriser leur talent et leurs projets. D’un autre côté, la plateforme a également pour objectif de promouvoir les opportunités de formation afin de renforcer les potentialités et professionnaliser davantage encore l’écriture, la réalisation, la production et la distribution. Ainsi que de contribuer à la création d’emplois à travers des services et des films d’entreprises qui seront annoncés sur la plateforme. L’idée de la plateforme Tahya Cinéma est née de l’expérience de terrain de sa fondatrice Drifa Mezenner qui a travaillé durant plusieurs années en qualité de graphiste puis de documentariste. Son premier long métrage est actuellement à l’arrêt car elle rencontre d’insolubles difficultés d’accès aux sources de financements et de techniciens. Cette situation l’a amenée à se questionner sur la problématique du financement du cinéma en Algérie et de la mise en relation des professionnels du domaine. De fil en aiguille, après sa participation à l’Académie des managers culturels de Berlin, en automne 2016, et au terme de laquelle son projet « Business to Cinema » a remporté un soutien total de la part du Goethe Institut, son projet s’est construit à partir de plusieurs ateliers de brainstormings sur les sources de financements, les difficultés rencontrées et les solutions existantes, avec différents professionnels du monde du cinéma algérien. Grâce au soutien continu du Goethe Institut, une équipe de développeurs de haut niveau et une persévérance sans faille, Drifa Mezenner réussit à oncrétiser son projet avec la mise en ligne de cette plateforme et l’espoir inébranlable d’apporter un nouveau souffle au septième art en Algérie.
Pour rappel, le premier documentaire de Drifa Mezenner, produit en 2011, intitulé «J’ai habité l’absence deux fois», a été présenté dans de nombreux festivals et a obtenu plusieurs prix dont le Faucon d’or du Festival Fifak de Klebia en Tunisie. En 2017, Drifa a réalisé un documentaire sur les femmes algériennes élues locales tout en lançant son projet «Business to Cinema ». Elle finalise actuellement son premier long métrage « Drifa et la baleine solitaire ». Depuis le 22 février 2019, Drifa participe à la documentation et à la diffusion des images de la « révolution pacifique » en Algérie, en filmant les marches tous les vendredis. Drifa Mezenner est aussi manager de Tahya Cinéma Production, une entreprise qui gère la plateforme « Tahya Cinéma » et produits des films documentaires et de fiction. n