Finalement, c’est Air France qui tire profit de la disparition d’Aigle Azur. La compagnie de navigation aérienne française a remporté 30% de la redistribution des droits de trafic de la défunte compagnie, liquidée en septembre dernier, ce qui lui permet de renforcer considérablement sa position sur le marché algérien à travers sa filiale Low Cost Transavia.
Du coup, Air France devient un sérieux concurrent pour Air Algérie dans un marché très rentable, avec, en sus des tarifs très élevés. En 2019, le trafic entre l’Algérie et la France a enregistré plus de 4 millions de passagers, se classant au top des liaisons aériennes à l’international.
Citant des sources proches du Secrétariat d’Etat français aux transports, la presse locale a précisé qu’en plus de l’ouverture d’une desserte au départ d’Orly, Air France a obtenu des droits de trafic supplémentaires pour Alger au départ de Marseille, Nice et Toulouse, ainsi qu’entre Toulouse et Oran. Quant à sa compagnie low cost, elle va réaliser un grand coût en pouvant, désormais opérer des vols réguliers au départ d’Orly vers Constantine, Sétif, Oran et Tlemcen, ainsi que vers Béjaïa, Constantine et Oran au départ de Lyon. Transavia va ainsi être le grand gagnant de la redistribution des droits de trafic d’Aigle Azur.
Outre Transavia, qui rafle la mise, Air Algérie devra faire avec d’autres compagnies ayant obtenu des droits de trafic pour des villes algériennes. Il s’agit de la française ASL qui a décroché des droits pour Alger au départ de Lyon, Lille, ainsi que pour Lille-Oran et Paris-Annaba, de la low cost espagnole Volotea, qui desservira au départ de Lyon, Bordeaux et Marseille des villes secondaires algériennes (à l’exception d’un Bordeaux-Alger).
Pour rappel, le tribunal de commerce d’Evry (Essonne) avait prononcé la liquidation de la compagnie aérienne Aigle Azur, en septembre dernier, jugeant les offres de reprise insuffisantes. Cette décision avait été justifiée par le fait qu’« aucune solution pérenne » n’avait été proposée par les candidats à la reprise.
Fondée en 1946 et spécialiste des liaisons vers l’Algérie, Aigle Azur avait été placée en redressement judiciaire le 2 septembre dernier à la suite de difficultés de trésorerie et contrainte d’interrompre ses vols, clouant 19 000 passagers au sol.