Le sommet tenu hier à Alger par les partis politiques et autres personnalités nationales réunis autour de l’initiative du Front de la justice et du développement (FJD) en vue d’une candidature commune de l’opposition à la présidentielle d’avril prochain n’a pas été concluant. Les participants ont décidé de maintenir la concertation.

La réunion de l’opposition a été marquée par la défection du candidat indépendant, Ali Ghediri, alors que le chef du MSP, Abderezak Makri, était de la partie, tout comme le chef de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis.
Etaient présents également des représentants du Mouvement El-Bina de Abdelkader Bengrina, le parti de la liberté et la justice (PLJ) de Mohamed Said, ainsi que des personnalités politiques à l’instar de l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi.
A l’issue de cette rencontre, les participants ont salué, à travers une déclaration commune, « les contestations populaires et pacifiques enregistrées ces derniers jours », tout en mettant « en garde les autorités » contre le recours à la confrontation.
Les participants à ce conclave ont du ainsi se donner rendez-vous dans les prochains jours pour arriver à leur finalité, tout en annonçant que l’initiative « demeure ouverte à toute les forces sérieuses du pays ».
Le président du Conseil consultatif du FJD, Lakhdar Benkhelaf, a indiqué, à cette occasion, que la « question du choix final sur une candidature commune de l’opposition ne peut pas être prise aujourd’hui », expliquant que les « participants à ce conclave sont tenus de solliciter l’avis et l’approbation » de leurs structures partisanes.
Il a ajouté que « la concertation sera maintenue entre toutes les forces politiques qui s’inscrivent contre le maintien du régime ».
L’ajournement de la décision ne semble pas cependant contrarier les calculs du FJD. M. Benkhelaf a fait état d’un débat fructueux et serein qui s’est déroulé entre les participants où on peut noter la présence de 12 partis politiques, de 6 personnalités dont 4 candidats à la candidature.
Sur l’issue que peut prendre l’initiative, le responsable du FJD a indiqué que toutes les options restent possibles, y compris, expliquera-t-il, celle « du retrait collectif de l’opposition » de la course à la présidentielle.

Retard et contradictions
Cette option, si elle venait à être adoptée par les participants ne manquera pas de mettre dans la gêne certains potentiels candidats notamment le président du MSP, qui est incontestablement dans le vif de la campagne. La preuve : il a dévoilé hier le contenu de son programme électoral.
L’initiative ne vient-elle pas en retard ? Pour M. Benkhelaf, l’opposition va tenir d’autres réunions et une décision finale sera prise avant que le Conseil constitutionnel n’annonce les candidatures validées pour le rendez-vous du 18 avril.
Par ailleurs, l’initiative de Djaballah pêche également par les contradictions qu’elle porte. Le leader du FJD, en appelant à l’ouverture du sommet à rejeter le scrutin alors que son initiative se cherche encore « une candidature commune de l’opposition », fait preuve d’amateurisme.
Il est, en effet, à la recherche de deux objectifs qui ne peuvent pas se réaliser. Courir derrière une candidature unique de l’opposition et rejeter en même temps le scrutin électoral, c’est faire preuve d’incohérence politique. Les promoteurs de cette initiative se donnent cependant un temps supplémentaire pour faire avancer les choses. Ce qui reste incertain vue la légèreté et les contradictions qui entourent l’initiative.