La lourde mission de négocier, au nom de l’Algérie, l’acquisition du futur vaccin contre le nouveau coronavirus, que promettent plusieurs laboratoires pharmaceutiques étrangers, sera assurée par l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, présidée par le professeur Kamel Senhadji, installé à ce poste depuis juin dernier.

PAR NAZIM BRAHIMI
C’est ce qu’a révélé, hier, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, qui a expliqué que c’est l’Agence qui «procédera à l’enregistrement et à la vérification technique» du futur vaccin contre le nouveau coronavirus autour duquel la bataille gagne en intensité entre les grandes puissances.
Début de la semaine, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a déclaré que de nombreux contacts ont été entrepris par l’Algérie avec différents laboratoires internationaux pour l’acquisition d’un vaccin contre le nouveau coronavirus, assurant que l’Algérie veut explorer et étudier toutes les possibilités pouvant s’offrir tout en associant les médecins et experts algériens dans le choix du vaccin adéquat, quel que soit son prix.
«Lorsque nous l’importerons, nous devons être sûrs que c’est effectivement un vaccin efficace», a expliqué Abdelaziz Djerad, ajoutant que pour ce faire, «nous allons associer aux négociations nos scientifiques et médecins auxquels nous devons faire confiance». Cette déclaration marquée de «prudence» intervient au moment où les laboratoires pharmaceutiques multiplient les annonces faisant part de «nouvelles avancées» en matière de recherche et de validation des expérimentations.
Hier, les Russes ont annoncé que leur vaccin appelé «Spoutnik V est «efficace à 95%», dépassant ainsi ceux d’autres pays concurrents dans cette course effrénée au vaccin contre le nouveau coronavirus.
Dans un communiqué signé par le centre Gamaleïa, le ministère russe de la Santé et le Fonds souverain russe, impliqué dans le développement du «Spoutnik V», la partie russe, affirme que cet avis d’efficacité repose sur les résultats intermédiaires obtenus dans «une étude sur les volontaires 42 jours après l’injection de la première dose du vaccin».
Le document relève que le calcul a été fait à l’issue de l’étude des données concernant 18 794 volontaires ayant reçu à la fois la première et la deuxième dose du Spoutnik V ou du placebo au deuxième point de contrôle (39 cas confirmés au 23 novembre 2020), conformément au protocole d’essai clinique.
Il a été indiqué, qu’après l’achèvement des essais cliniques de phase 3, le centre Gamaleïa donnera accès au rapport complet, de quoi alimenter davantage la compétition, notamment avec les deux grands laboratoires en la matière Pfizzer-BionTehch et Moderna, qui avaient déjà fait part de l’efficacité de leurs prochains produits.
Le binôme Pfizer-BioNtech a annoncé, le 18 novembre, que son vaccin a montré «95% d’efficacité» tandis que le laboratoire Moderna avait parlé de «94,5% d’efficacité». Prévoyant une production de 50 millions de doses cette année, une quantité pouvant vacciner 25 millions de personnes, et 1,3 milliard en 2021, le groupe pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont demandé, vendredi, à l’Agence américaine des médicaments (FDA) d’autoriser leur vaccin contre la maladie causée par la Covid-19, premiers fabricants à le faire aux Etats-Unis ou en Europe. Pour sa part, le laboratoire américain Moderna prévoit une production de 20 millions de doses d’ici la fin de l’année. <