PAR NAZIM BRAHIMI
Zoubida Assoul a été reconduite, hier, à l’issue des travaux du congrès ordinaire de l’Union pour le congrès et le progrès (UCP) dont elle est la fondatrice en 2012.
C’est ce qu’elle a annoncé hier lors de la conférence de presse durant laquelle elle a fait part de l’élection d’un nouveau bureau politique afin «de donner du sang neuf» au parti qui a fait le choix de ne pas prendre part aux prochaines élections législatives du 12 juin. Mais ce choix ne devrait pas être considéré comme «une démission» de la scène politique, a souligné la cheffe du parti, dont les assises ont été sous le mot d’ordre « l’éveil populaire à l’intelligence collective».
Mme Assoul a relevé également avoir débattu, lors de ce congrès, de questions d’ordre politique et économique, affirmant avoir insisté dans les discussions sur la dernière proposition du parti, formulée au mois de février et dans laquelle «nous avons appelé le président de la République à convoquer une présidentielles anticipée et de désigner un gouvernement de compétences nationales».
La présidente réélue de l’UCP a critiqué, à cette occasion, l’option d’élections législatives prédisant une forte tendance à la désaffection à cause du contexte sanitaire, mais aussi des nombreuses préoccupations qui animent le quotidien du citoyen.
Engagée depuis l’avènement du mouvement populaire au sein du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD), l’UCP a décidé, fin mars, de tourner le dos au scrutin législatif. «Les prochaines élections législatives du 12 juin 2021, proposées par le chef de l’État dans les circonstances actuelles, ne peuvent en aucun cas être une solution à la crise», a estimé l’UCP dans une déclaration sanctionnant les travaux de la session ordinaire du Conseil national qui a entériné l’option du boycott. Estimant que ce choix «ne fera que l’aggraver, d’autant plus que celles-ci ne constituent en aucun cas une priorité pour le citoyen», préférant alors rejeter le rendez-vous électoral «aussi bien en la forme que dans le fond ces élections comme celles qui les ont précédées». L’UCP, qui a rappelé n’avoir « jamais participé aux élections depuis son agrément», n’a pas manqué l’occasion d’évoquer le contexte politique actuel saluant «le retour des marches pacifiques».
Dans ses critiques, le même parti a estimé que «si le pouvoir continue à imposer sa politique de répression au lieu de répondre aux revendications du Hirak populaire, cela risque d’approfondir davantage la crise étant donné le blocage politique et la détérioration inquiétante de la situation économique et sociale du pays aggravée par les conséquences de la crise sanitaire sur l’emploi et le pouvoir d’achat du citoyen». La cheffe de l’UCP avait indiqué, avant même que la position du parti ne soit officiellement connue, que «ces élections ne vont rien régler d’autant plus que les garanties de transparence, de pluralité et de crédibilité ne sont toujours pas réunies au regard des dispositions légales prévues dans l’amendement de la loi électorale et des nouvelles circonscriptions électorales».
Pour Zoubida Assoul, «la nouvelle loi électorale, avec toutes les incohérences qu’elle comporte et le maintien de l’ANIE dans sa composante précédente, ainsi que son fonctionnement démontrent que rien ne changera aussi bien dans la forme que dans le fond». n