La célèbre avocate et intellectuelle Gisèle Halimi, une des ferventes défenseuses de la cause nationale lors de la guerre de libération de l’Algérie, est décédée mardi à Paris à l’âge de 93 ans, a annoncé sa famille. En plus de son combat féministe, étant une des signataires du célèbre manifeste des 343 femmes disant publiquement avoir avorté, elle avait défendu, en 1960, Djamila Boupacha, militante du Front de libération nationale (FLN), à qui elle a consacré une œuvre biographique. Avocate engagée, elle se fait notamment connaître en 1972 lors du procès emblématique « de Bobigny », en région parisienne, lors duquel elle défend une mineure jugée pour avoir avorté après un viol. Elle obtient la relaxe de la jeune femme et parvient à mobiliser l’opinion, ouvrant la voie à la dépénalisation de l’avortement, début 1975.

Fondatrice dès 1971, avec le couple de philosophes Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, de l’association pour le droit à l’avortement « Choisir la cause des femmes », elle est la même année l’une des signataires du célèbre manifeste des 343 femmes disant publiquement avoir avorté. Élue députée en 1981, elle poursuit son combat à l’Assemblée nationale, cette fois-ci pour le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), finalement voté en 1982, avant de prendre ses distances avec le Parti socialiste. En 1998, elle fait partie de l’équipe qui crée l’organisation altermondialiste Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Parallèlement à sa carrière d’avocate, elle a mené une carrière d’écrivain. Parmi sa quinzaine de titres, figurent « Djamila Boupacha » (1962) et une oeuvre plus intimiste comme « Fritna », sur sa peu aimante mère (1999), « pratiquante juive totalement ignorante ».