La conférence ministérielle de l’Opep et de ses alliés, qui était initialement programmée pour le 25 juin prochain à Vienne, devrait être reportée au 3 juillet.
Le changement de date a été proposé, mais n’a pas été officiellement confirmé, selon l’agence Reuters. En envisageant de repousser la date de leur réunion, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires souhaitent se donner plus de latitude et de temps en vue d’établir un plan plus structuré nécessaire pour relever les défis d’un marché pétrolier en évolution rapide avec des prix trop volatils, dans un contexte géopolitique tendu.

Ils veulent avoir, pour préparer cette réunion, une oreille suffisamment attentive aux préoccupations de l’ensemble des pays producteurs. Leur désir, c’est d’y aller en rangs serrés, compte tenu des enjeux entourant le marché, avec un Iran en difficulté face aux sanctions américaines, et une Arabie saoudite, toujours prête à dégainer et à surproduire autant qu’elle le veut, pour compenser les barils iraniens dont est privé le marché. A cela s’ajoute le facteur des stocks de brut qui ne cessent de grossir.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, la Russie et d’autres producteurs non membres ont réduit leur production de 1,2 million de barils par jour depuis le 1er janvier dernier. La prochaine conférence ministérielle doit décider de prolonger ou de modifier le pacte. De même qu’elle devrait discuter des mesures que devraient prendre les pays participants pour le second semestre de 2019. La question des stocks figurera en bonne place au menu de la conférence. Il est clair qu’un surplus des stocks n’aide pas à la stabilisation du marché. Par conséquent, les pays producteurs estiment nécessaire de résorber d’abord ce surplus, avant de réfléchir à comment soutenir éventuellement l’offre pétrolière telle que souhaitée par certains pays consommateurs, les Etats-Unis en tête, sous prétexte que la production à l’échelle mondiale est en train de perdre de l’élan dans un contexte géopolitique toujours fort incertain. L’Opep et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont indiqué que la production mondiale de pétrole avait baissé en avril dernier en raison de la décision de limiter les extractions et du renforcement des sanctions américaines contre l’Iran.
Selon l’AIE, la production iranienne de brut était de 2,6 millions de barils par jour en avril, contre 3,9 millions de baril en avril 2018, un mois avant le retrait unilatéral de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Un retrait qui s’est traduit par le rétablissement des sanctions contre Téhéran.
A son plus bas niveau en cinq ans, la production iranienne pourrait chuter en mai à des niveaux sans précédents depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988). Il reste cependant que ces chiffres ne sont pas forcément exacts, a fortiori dans un contexte régional tendu qui ne permet pas d’y voir clair. Le ministre saoudien du Pétrole a émis des «doutes sur le fait que les exportations de l’Iran aient fortement baissé».
«Personne ne sait, il y a toujours beaucoup de pétrole quittant les eaux iraniennes», a-t-il indiqué. Lors de la 14e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord Opep-non-Opep (Jmmc), l’Arabie saoudite a défendu l’idée d’un renouvellement des baisses de production après la fin du premier semestre. Le Jmmc a réaffirmé son engagement à réaliser un marché équilibré et à œuvrer de manière durable pour la stabilité du marché pétrolier avec des fondamentaux solides. L’idée est de maintenir les cours dans une fourchette qui soit acceptable aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs. Mardi dernier, le prix du panier de quatorze pétroles bruts, qui sert de référence à l’organisation des pays exportateurs de pétrole a reculé à 71,71 dollars le baril, contre 72,47 dollars la veille.<