Intervenant, hier, à l’ouverture des travaux du Bureau politique du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, secrétaire générale de cette formation, a encore une fois réitéré ses appels au chef de l’Etat pour qu’il prenne des mesures « urgentes » pour parer au danger qui plane sur le pays.

Louisa Hanoune, dont l’initiative politique lancée, récemment, n’a pas eu l’effet escompté auprès, notamment de la classe politique, estime que le projet de mise sur pied d’une Assemblée constituante « est une réponse aux attentes du pays ». « L’Assemblée constituante demeure la seule solution aux problèmes auxquels le pays est confronté », a-t-elle poursuivi. Mme Hanoune accompagne son initiative par une lecture des plus « alarmistes » de la situation. Ainsi, elle considère que la souveraineté de l’Etat « est sérieusement menacée par la grogne sociale ». Cette même grogne, enchaîne-t-elle, « est le résultat des tentatives de remise en cause du caractère social de l’Etat algérien ». Considérant que la tension sociale actuelle « est un test pour le pays » et « qu’elle ne s’arrêtera pas de sitôt », Louisa Hanoune prévoit « une année décisive pour l’avenir de l’Algérie ». « C’est la politique d’austérité qui menace la pérennité du pays et provoque le désordre », a-t-elle justifié, ajoutant que « le projet provocateur du gouvernement visant à lever les subventions sociales de l’Etat, déjà réduites à chaque loi de finances depuis 2015, risque de provoquer un affaissement social mortel et une réaction imprévisible de larges couches de la population. En réalité, il s’agit de la liquidation de la nature sociale de l’Etat », craignant « un éventuel abandon par l’Etat de la gratuité de l’enseignement suite à l’accréditation de 9 établissements universitaires privés ». Elle a appelé, dans ce sens, à une « réorganisation du système » à « travers un véritable débat ». Pour faire face à ces menaces qui planent sur la souveraineté de l’Etat, la patronne du PT juge qu’une décision politique s’impose. « Il faut une décision politique parce que notre pays est ciblé de l’intérieur et de l’extérieur, et on ne veut pas vivre la situation actuelle des Brésiliens », a-t-elle insisté. Pour faire barrage à ces menaces, la patronne du Parti des travailleurs a plaidé pour la sauvegarde des acquis sociaux du peuple, mais, également pour « la remise de la parole au peuple », afin qu’il définisse « la forme et le contenu des institutions qu’il veut », car, « le système actuel sert exclusivement une petite catégorie de nouveaux riches en Algérie ». « Le Président doit prendre des décisions courageuses pour rétablir l’ordre », a-t-elle dit. Parmi les mesures urgentes, elle a cité la libération de la justice, la lutte contre la corruption, l’assainissement du secteur économique, l’imposition d’un contrôle rigoureux sur sa gestion, la préservation de la propriété collective de la Nation par l’interdiction de toute forme de privatisation, l’institution d’un impôt sur la fortune, la levée de toutes les restrictions sur les libertés et, enfin, la libération des médias de toute forme de harcèlement. Par ailleurs, elle a affirmé que sa formation « défend de façon inconditionnelle le droit à la grève et à l’activité syndicale », dénonçant « la privation de ces droits et le recours à la justice ».