Si l’on se fie aux mots du président Tebboune, la Commission nationale chargée d’élaborer le nouveau code relatif au régime électoral ne devrait pas tarder à rendre sa copie et lancer, sans doute, le débat sur son contenu, notamment ce qu’elle portera comme nouveautés comparativement au texte en vigueur. En effet, le délai de 15 jours fixé par le premier magistrat du pays pour que cette commission remette le texte en question expire aujourd’hui, comme Tebboune l’avait affirmé, le 13 décembre en cours.

«Concernant le processus que nous avions tracé ensemble durant la campagne électorale, et dont nous fêtons une année depuis mon élection et pour laquelle je vous réitère mes remerciements, j’ai demandé à la présidence de prendre attache avec la commission chargée de la rédaction du nouveau code électoral afin d’accélérer dans sa mission pour que ce texte soit prêt dans 10 à 15 jours au plus tard», a-t-il dit dans son discours à partir de son lieu de convalescence en Allemagne.
Il s’agit, a-t-il indiqué, de «pouvoir entamer le processus qui devrait intervenir après la révision constitutionnelle», balisant ainsi la voie à des échéances politiques et électorales dans les prochains mois. Pour cette finalité, Tebboune avait installé, le 20 septembre dernier, au siège de la Présidence, les membres de la Commission nationale chargée de préparer l’avant-projet de la loi organique relative au code électoral, chapeautée par le constitutionnaliste Ahmed Laraba, qui a dirigé le travail du comité d’experts chargé de l’élaboration de la Constitution amendée. A ce titre, la révision de la loi relative au régime électoral constitue le deuxième chantier législatif après les modifications apportées dans la loi fondamentale. La Commission est composée d’un représentant du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement urbain, et de sept professeurs en droit issus des universités d’Alger, Tizi Ouzou, Sétif, Oran, Tlemcen, Sidi Bel Abbès et du Centre universitaire de Tipasa.
La cérémonie d’installation de cette commission s’est déroulée en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, du Directeur de cabinet à la Présidence de la République, Noureddine Baghdad Daidj, du ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, du ministre conseiller de la Communication, porte-parole officiel de la Présidence de la République, Belaïd Mohand Oussaïd, du conseiller près le Président de la République, chargé des Affaires juridiques et judiciaires, Boualem Boualem.
Et si l’agenda de Tebboune annonçait initialement que la prochaine échéance électorale serait des législatives anticipées, rien ne garantit que cela soit ainsi et l’ordre des priorités pourrait être revu probablement à la lumière des enseignements de l’échéance référendaire tenue le 1er novembre dernier.
«Après l’adoption de la loi organique sur le code électoral, qui doit durer environ un mois, avant d’être soumise au Parlement, et après le référendum constitutionnel, il y aura des élections législatives anticipées», avait indiqué Tebboune au mois de septembre dernier.
Maintiendra-t-il ce planning ou sera-t-il amené à le revoir pour s’assurer le succès de l’ensemble des échéances inscrites dans l’agenda post-référendum ? La réponse à cette interrogation ne saurait s’éterniser dans la mesure où les choses seront plus claires à ce propos dès que la copie Laraba sera rendue publique. En attendant cette étape, des formations politiques semblent avoir mis sur la table de discussions, chacune à sa manière, la façon avec laquelle elles vont aborder l’échéance. «Une élection dans les plus brefs délais devient logique, si l’on se réfère aux critiques, par ailleurs fondées, contre l’actuel Parlement. Les Algériens sont pressés de voir une nouvelle classe politique dans les institutions», a estimé Soufiane Djilali de Jil Jadid, pour qui «des élections transparentes avec la participation de tous les partis politiques, y compris ceux de l’opposition, redynamiseront la vie politique, transféreront les débats de la rue à l’intérieur des institutions et stabiliseront le pays».
Du côté des partis proches du pouvoir, c’est le principe de la participation qui sera vraisemblablement retenu alors que chez les formations de l’opposition, l’équation semble plus que complexe entre l’option de la chaise vide et celle du boycott.