La rencontre de concertation initiée par les dynamiques de la société civile, et qui devait réunir les deux initiatives de l’opposition, est reportée, faute d’autorisation de l’administration. Jusqu’à jeudi soir, lorsque la Commission chargée de la communication des dynamiques était en réunion pour ficeler les derniers détails de la rencontre prévue initialement pour aujourd’hui, les services de la Drag n’avaient pas notifié de réponse.

Pourtant, la demande avait été déposée au nom du SNPSP, le 8 août dernier et les initiateurs avaient demandé une salle au niveau de la Safex. Ayant constaté qu’à moins de 48 heures, il n’y avait aucune réponse, il a été donc décidé du « report de cette rencontre au 24 août ». « Au moment où nous nous attendions à une réaction positive à notre demande, vu, d’un côté, la situation d’impasse et les grands défis qui s’annoncent en prévision de la rentrée sociale et, de l’autre, la promotion faite de la volonté de trouver des solutions, hélas, nous n’avons eu aucune réponse jusqu’à 17h30 », dénoncent les dynamiques de la société civile dans un communiqué. Pour donner plus de détails sur la question, une conférence de presse sera organisée ce matin au siège de l’Unpef.
Il est à rappeler que cet événement est le premier du genre depuis le début du mouvement du 22 février pour le changement du système. Les dynamiques de la société civile, réunies lors d’une conférence nationale le 15 juin, avaient tracé comme objectif de rapprocher les visions avec la classe politique pour élaborer une seule feuille de route de sortie de crise. Ce qui n’a pas été fait dans l’immédiat, puisque l’opposition s’est divisée entre le pôle des Forces de l’alternative démocratique et des Forces du changement. Le premier composé du FFS, RCD, MDS, PT, PST, PLD, UCP et de la LADDH a tenu une conférence le 26 juin et plaidé en faveur d’un processus constituant passant par une période de transition, tandis que le second, constitué entre autres de Talaie El Hourriyet, MSP, Adala, Nahda, El Bina… a organisé le Forum national pour le dialogue le
6 juillet, et adopté un plan qui a pour objectif d’aller vers une élection présidentielle.
La rencontre, qui devait se tenir aujourd’hui, samedi, à laquelle tous les partis précités avaient donné leur accord de participation, était censée jeter les principes de base pour une feuille de route commune. «On est convaincu qu’il y a plus de points communs que nous pouvons exploiter pour construire le consensus. Les différends idéologiques existent, mais il faut prioriser pour aller vers des principes généraux à adopter», avait déclaré le Dr Lyès Merabet, président du SNPSP.

«Verrouillage»
Son report, faute d’une autorisation, n’a pas manqué de susciter la colère des acteurs qui devaient l’animer. Le président de l’association RAJ, Abdelouahab Fersaoui, a déclaré que «ce refus, qui ne dit pas son nom, est un autre indice de l’entêtement de ce pouvoir machiavélique qui ne se soucie que de son maintien au détriment de la volonté populaire en essayant d’étouffer, neutraliser, diviser et de casser ce mouvement qui a suscité l’admiration du monde entier et qui a surpris ce pouvoir despotique». Pour sa part, Saïd Salhi de la LADDH, a écrit que «le pouvoir montre sa volonté réelle quant à l’ouverture des espaces publics et le respects des libertés démocratiques». Au moment où ce même pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, «la réalité est tout autre, elle contraste avec le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société», constate-il, l’accusant que par cette attitude, «il tente le coup de force pour faire passer sa feuille de
route».
«Il paraît clair que toute démarche n’ayant pas le consentement du pouvoir est indésirable et interdite», déplore de son côté, Ramdane Taâzibt, député démissionnaire du PT. «On s’est débarrassé formellement du système du parti unique en 1988 et, aujourd’hui, on veut nous faire retourner à la pensée unique en déclarant mécréant tout avis qui va à contresens de la feuille de route du système qui veut imposer une présidentielle comme moyen de se pérenniser», a-t-il dénoncé.n