La place financière sera dotée d’un règlement qui permettra de commercialiser les produits alternatifs ou participatifs dans les semaines à venir. L’assise juridique sera promulguée et les banques se déclarent aptes et prêtes à commercialiser ce type de produits.

Trois représentants de la Banque d’Algérie, participant au 1er symposium algérien sur l’assurance et la finance islamiques (SAAFI 2018), organisé hier à Alger, ont, dans leurs interventions, expliqué le fonctionnement du système juridique encadrant l’activité de la finance islamique. Un problème cependant : la Banque des banques ne semble pas avoir intégré dans son projet législatif suffisamment de règles juridiques relatives à l’assurance Takaful. Le texte reste vague dans son volet Takaful, indique-t-on. Et cela a fait dire à certains qu’il apparait clairement à quel point la Banque d’Algérie priorise l’inclusion financière mobilisable par les banques. Cela s’explique, il y a urgence d’agir et de récupérer l’agent de l’informel et les liquidités que les gens gardent chez eux parce que l’économie en a besoin.
Aujourd’hui, la masse monétaire circulant hors circuit bancaire est estimée à 4 800 milliards de dinars. Un volume colossal qui échappe ainsi aux banques. Ce chiffre se décompose en fait en deux parties : la première (2000 milliards de dinars environ) concerne les particuliers, c’est à dire la petite épargne qui échappe au système financier. La seconde partie (2800 milliards de dinars) irrigue l’économie informelle. Pour capter toute cette grosse masse monétaire, les banques et les établissements financiers sont appelés à améliorer leurs rapports aux clients, à moderniser leurs services à travers l’intégration des nouvelles technologies. Quant aux compagnies d’assurances, elles essayeront de supporter encore
la situation et attendre des jours meilleurs, avec de nouveaux produits dont Takaful. Le Takaful répond en fait à un besoin de sécurité dans une société qui aspire profondément à une vie moderne. Par définition, relève-t-on, le besoin de sécurité intègre le besoin de s’assurer contre les risques, répondant ainsi à un besoin de préserver les propriétés. Ce concept est lié au mode de vie moderne que la société algérienne est en train d’adopter. Le Takaful apparaît désormais comme une tendance de long terme. Et, l’élément le plus encourageant dans l’évolution récente est l’intérêt manifesté par des compagnies d’assurances internationales, qui pour certaines d’entre-elles disposent d’une antenne en Algérie. Cela confirme le potentiel pour le Takaful dans les pays musulmans, dont l’Algérie. Toutefois, les compagnies Takaful doivent faire face à d’énormes défis à relever : s’aligner sur la qualité de service et les niveaux de prix de leurs concurrents conventionnels et les meilleures pratiques des opérateurs internationaux, innover et se différencier en matière de produits, constituer une réelle valeur ajoutée à leurs clients, et, ce faisant, élargir leurs parts de marché, apprendre de l’expérience des opérateurs conventionnels et rechercher les synergies entre les deux modèles. Au vu du taux de pénétration, de la densité et du nombre des assurances hors assurances obligatoires (assurance automobile)…, il existe théoriquement un réel marché potentiel pour l’assurance en général et le Takaful sur le long terme. La finance islamique intéresse de plus en plus la scène financière internationale.
L’assurance Takaful aussi. Selon le récent rapport de Deloitte, d’ici fin 2018 les actifs bancaires islamiques pourraient atteindre jusqu’à 3 400 milliards de dollars américains. Les actifs des compagnies d’assurance resteront largement en deçà de ce niveau.