L’ancienne moudjahida, historienne et poétesse, Djamila Amrane, connue sous le nom de guerre Danièle Minne, décédée, avant-hier, à l’âge de 77 ans, a été inhumée, hier après-midi, après la prière d’El Asr, au cimetière de Sidi M’hamed Amokrane de Sidi Ouali, sur les hauteurs de la ville de Béjaïa.

La cérémonie funéraire de la défunte militante de la cause nationale a eu lieu en son domicile familial, sis au quartier populaire de Bab Ellouz, dans l’ancienne ville de l’ex-capitale des Hammadites, en présence d’une foule nombreuse. Le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, accompagné d’une forte délégation composée des membres de son exécutif, des responsables de l’ONM et l’Onec, a tenu à se déplacer au domicile mortuaire pour présenter ses condoléances à la famille de la défunte. Le chef de l’exécutif était également présent parmi ces nombreux membres de la famille révolutionnaire, des proches et anciens amis de Djamila, lors de la cérémonie de mise en terre de la dépouille de cette dernière. L’émotion était à son comble pendant les obsèques de la résistante qui aura su marquer son parcours militant durant la guerre de Libération nationale, mais aussi sa vie en sa qualité de professeur d’Histoire. Née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine (France), Djamila Amrane, avait rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) dès 1956, et continua à combattre le colonisateur français jusqu’à l’indépendance, en 1962. Elle faisait partie, d’ailleurs, des fameuses poseuses de bombes, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Elle avait également participé à l’attentat à la bombe du bar l’Otomatic à Alger. D’origine française, Djamila Amrane est la fille de Jacqueline Netter et était l’épouse d’Abdelkader Guerroudjk, un grand militant du Parti communiste algérien.
« La défunte a eu un long parcours dans les maquis. Elle fut capturée en novembre 1957 à Draâ Errih dans la région de Bordj Bou Arréridj. Le Dr Belkhocine, Raymond Peschard et une dizaine de leurs compagnons sont tombés ce jour-là, face à d’importantes forces ennemies », écrit sur sa page Facebook, Djoudi Attoumi, ancien officier de l’ALN et auteur d’ouvrages sur l’Histoire de la Révolution algérienne.
Le 4 décembre 1957, elle fut condamnée à sept ans de prison et incarcérée à la prison de Barberousse, avant d’être transférée en France. Elle sera libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d’Évian.
Au lendemain du recouvrement de la souveraineté nationale, elle optera pour la nationalité algérienne et exercera en tant qu’enseignante à l’université d’Alger, avant de devenir professeur d’histoire et d’études féminines à l’université de Toulouse. Danièle Minne qui était une passionnée de poésie, était également auteur de plusieurs recueils de poésie ainsi que des ouvrages littéraires, dont «Les femmes algériennes et la guerre de Libération nationale », paru en 1989.