Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie n’a augmenté que de 1,3% au 1er trimestre de l’année. Une évolution trop faible qui ne cadre point avec les prévisions et les calculs du gouvernement qui, en matière de cadrage budgétaire de l’actuel exercice, a relancé la dépense et remis en cause la politique d’austérité qui a marqué les deux précédents exercices 2016 et 2017.

Selon les données publiées par l’Office national des statistiques (ONS), la croissance de l’économie algérienne reste faible en dépit des budgets qui lui sont consacrés cette année. La loi de finances de l’actuel exercice propose en effet un budget conséquent pour l’équipement, une tendance qui rompt avec deux baisses consécutives pour les dépenses d’équipement, à raison de 16% en 2016 et de 27% en 2017. Dans les détails de la structure des dépenses d’équipement de l’actuel exercice, les autorisations de programme retenues s’élèvent à 2 270 milliards DA (contre 1 397 milliards DA en 2017), tandis que les crédits de paiement inscrits pour 2018 s’élèvent à 4 043 milliards DA (contre 2 291 milliards DA en 2017).
Force est de constater qu’à l’issue du premier trimestre de 2018, la croissance n’évolue que péniblement, mais surtout très loin des prévisions initialement établies. L’évolution du taux de croissance durant les trois premiers mois de l’année a été bien plus faible que celle sur laquelle tablait le gouvernement : +4% sur l’année. Cette croissance inférieure aux attentes s’explique notamment par les contre-performances du secteur des hydrocarbures et la baisse de la croissance dans certains secteurs hors hydrocarbures. Le premier trimestre 2018 a été caractérisé par un recul de la croissance dans le secteur des hydrocarbures avec une baisse de 2% par rapport au même trimestre de 2017. Quant à la croissance hors hydrocarbures, elle a été de 2% par rapport au 1er trimestre 2017, tirée essentiellement par les secteurs de l’agriculture et la pêche, du bâtiment, travaux publics et hydraulique (BTPH, y compris services et travaux publics pétroliers) et de l’Industrie. Certains secteurs hors hydrocarbures qui réalisaient des croissances à deux chiffres ces dernières années ont connu des baisses conséquentes. C’est le cas de l’agriculture, dont la croissance a été de 4,2% durant les trois premiers mois de l’année alors qu’elle était supérieure à 8%, du BTPH qui a réalisé une croissance de seulement de 4,7% (y compris services et travaux publics pétroliers dont la croissance a été de 2%), alors que le secteur enregistrait des taux de croissance à deux chiffres au moment où la commande publique était au plus haut de ses niveaux. Le résultat des filières industrielles est pour le moins mitigé avec, au tableau, un taux de croissance de 4,1% seulement. Sur les dix branches industrielles, cinq ont connu une croissance positive.
Il s’agit des filières des matériaux de construction (+12,1%), de l’eau et l’énergie (+8,2%), de l’industrie agroalimentaire (+6,1%), de la chimie, plastique et caoutchouc (+3%) et du bois, papier et liège (+1,8%). En revanche, la croissance a été négative dans les autres filières industrielles que sont les mines et carrières (-10,2%), industries sidérurgique, métallique, mécanique et électrique (-7,4%), industries diverses (-6,9%), les textiles (-1,1%) et les cuirs et chaussures (-1,1%). Pour les services marchands la croissance a été de 3,1%, alors que les tendances étaient disparates dans les services non marchands.
A ce rythme, l’objectif fixé par le gouvernement Ouyahia pour 2018 ne sera pas atteint à la fin de l’année. Dans son exercice de cadrage budgétaire de l’actuel exercice, le gouvernement a décidé d’augmenter fortement le budget d’équipement pour espérer un retour à la croissance dès cette année. L’Exécutif visait ainsi une croissance du PIB de 4%. Un objectif qui paraît décidément difficile à réaliser. Pour rappel, la croissance du PIB global a été de 1,6% sur l’année 2017, alors que la croissance hors hydrocarbures a été de 2,6%.