La métropole de l’Est algérien a accueilli, hier, les travaux de l’Assemblée générale du réseau panafricain des femmes pour la lutte contre les conflits et la prévention, plus connu sous la dénomination en anglais de FemWise-Africa. Ce rendez-vous de deux jours se présente comme le couronnement du séminaire qui a eu lieu dans la même ville il y a une année et la mise en œuvre des recommandations entérinées par les chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union africaine en juillet 2017 et destinées à institutionnaliser la place et le rôle des femmes dans les négociations de paix.

Son thème directoire pour les participants et les participantes a été «Faire taire les armes d’ici 2020 : les femmes médiatrices et promotrices de la coopération transfrontalière ». La cérémonie d’ouverture présidée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, s’est déroulée en présence de Smail Chergui, commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, de Ghania Eddalia, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme et Dr Speciosa Wandira, membre du groupe des sages de l’UA et co-présidente de FemWise Africa.
La réunion des 13 et 14 décembre au Mariott de Constantine regroupe « des femmes leaders expérimentées dans la résorption des conflits aux côtés des représentants de l’Union africaine, des communautés économiques régionales, des Nations unies et des leaders communautaires ainsi que des représentants des jeunes, du secteur privé et des milieux académiques ».
Son importance a été soulignée par Smaïl Chergui, ambassadeur et Commissaire de l’Union Africaine chargée des questions de la sécurité et de la paix : « nous avons invité des experts renommés dans le domaine pour faire l’état des lieux », annoncera-t-il avant de mettre le doigt sur l’importance des « frontières qui ne doivent plus constituer des zones de conflits et d’obstacles, mais plutôt des espaces d’échanges, de dialogues, de coopération et de paix ».
Smail Chergui insistera aussi sur «l’autonomisation des femmes et des filles à travers des formations spécifiques et leur participation à nos activités de manière à vérifier qu’elles jouent effectivement un rôle clé devant combler les fossés sociaux, politiques et économiques pour l’avènement des changements significatifs et des transformations attendus ». Ces femmes devront, dans un proche avenir « effectuer des missions spéciales dans certains pays et de mener des actions visant à consolider les interventions de médiation de FemWise-Africa à travers la facilitation de projets à impact rapide et la mise en place de sections locales et nationales ».
Pour sa part, Mme Ghania Edalia, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, rappellera à la nombreuse assistance le rôle de la femme dans différents secteurs en Algérie, allant du combat contre le colonialisme, à celui mené contre le terrorisme, en passant par son émancipation à l’ombre du dernier code de la famille et son implication dans l’assurance d’une génération saine de corps et d’esprit, grâce aux efforts consentis dans le domaine de la santé, notamment la vaccination, grâce à l’enseignement gratuit, comme mentionné dans la Charte nationale. Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères, dans son allocution, commencera par mettre l’accent sur « les conflits armés… qui affectent plus particulièrement les femmes et les filles du fait de leur statut social et de leur sexe ». C’est pourquoi il insistera sur le rôle de la femme dans la résolution des conflits revenant sur « la résolution 1325 du Conseil de sécurité, une prise de conscience collective de la nécessité de placer la situation spécifique de la femme et de ses besoins au cœur de l’action des Nations unies, notamment dans le domaine des opérations de maintien de la paix ». M. Messahel tiendra aussi à conforter la proposition de l’UA pour sanctifier la décennie 2010-2020 comme celle de la femme, « placée sous le thème de l’égalité du genre et de l’autonomisation des femmes, l’Union africaine a réitéré sa ferme volonté à poursuivre son action en faveur de l’émancipation de la femme et son implication dans tous les domaines ». Le ministre des Affaires étrangères ne manquera pas aussi de louer « les orientations contenues dans les différents programmes politiques du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ciblant la promotion des droits de la femme algérienne et son engagement pour une société d’égalité de sexes ». Il rendra hommage aux « efforts méritoires » déployés par Mme Catherine Samba Panza et la Dr Speciosa Wandira, membre du groupe des sages de l’UA et co-présidente de FemWise-Africa, et de toutes les luttes contre les conflits et la ségrégation des genres. La réunion de Constantine n’a pas réuni que des femmes du continent africain, puisque des participantes des Philippines, de Finlande, de Colombie, de Norvège et d’Allemagne figurent aussi parmi les invités de l’Algérie pour cette première AG de FemWise-Africa.