Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), voulait clairement la tête d’Antonio Conceiçao, le désormais ex-sélectionneur du Cameroun après la CAN-2021. Et il a fini par l’obtenir et le remplacer par Rigobert Song. Avant la double-confrontation cruciale entre les Camerounais et les Algériens le 25 et 29 mars prochain pour le compte des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, le patron de la FECAFOOT a pris une décision qui ne fait pas l’unanimité.

Par Mohamed Touileb
Est-ce une bonne décision ? On ne pourra pas le savoir avant le 29 mars prochain et l’acte II entre les « Fennecs » et les « Lions Indomptables » au stade Mustapha Tchaker (Blida). Mains on a pu confirmer qu’Eto’o n’est pas du genre à faire machine-arrière.

Le tour de force
Après avoir rappelé, le 18 février dernier, à son gouvernement que c’est lui l’unique décideur pour tout ce qui concerne la sélection, la légende africaine de foot a fini par obtenir ce qu’il souhaitait : placer Song aux commandes techniques de son équipe nationale. Jusqu’à lundi, Conceiçao était officiellement en place avant que la FECAFOOT n’annonce la venue de l’ancien défenseur emblématique de la sélection 5 fois championne d’Afrique.
Cette désignation n’a jamais été du goût du Ministre des Sports et de l’Education Physique au pays de Paul Biya. Le conflit était frontal entre le gouvernement et l’instance footballistique. D’ailleurs, le secrétaire général du ministère de la Communication, Félix Zogo, a publiquement bombardé Eto’o. « Je relève deux choses : d’abord, la scoumoune du président de la Fecafoot. Tout ce à quoi il a touché depuis sa sortie des terrains s’est soldé par un échec. Il a été capitaine de l’équipe nationale, on sait ce qu’il en est advenu : 2010 en Afrique du Sud, 2014 au Brésil. Il nous a amené deux playboys ici en la personne de Seedorf (ex-sélectionneur, ndlr) et Kluivert. On sait ce qu’il en est advenu…», a-t-il lâché à l’endroit de l’ancien attaquant du FC Barcelone et l’Inter Milan.

Song, coach « sans acquis »

Aussi, à propos de Song, le SG a fait passer le message en indiquant que « le nom qui est sorti… De vous à moi, quels sont ses acquis ? Cet ancien capitaine nous l’adorons, mais, de là à être l’entraîneur des Lions, ça prouve encore que, si jamais il s’avère que le président de la Fecafoot y pensait, cela prouve qu’il n’est pas à sa place. Il n’a encore rien compris de la gestion des enjeux du football. Il est encore temps pour le président de se rattraper. Qu’il aille rencontrer le ministre, qui est son patron, et qu’il parle avec lui.»
Malgré cela, Eto’o a été au bout de sa démarche. Et la correspondance qui informait de l’arrivée de Song comportait le nom du Chef de l’Etat, Paul Biya. Ainsi, on a voulu faire croire que le premier décideur au pays est du côté de Samuel Fils. Cependant, il y a clairement de l’eau dans le gaz entre la haute sphère politique et celle sportive. Tout cela pourrait perturber la quiétude de la tanière. Stimulant ou fatal ? C’est à voir.