Les élèves et les enseignants du collège Bourouha-Lamri, dans la nouvelle ville de Massinissa, sont en grève. Jusque-là, rien de spécial car à chaque rentrée scolaire, les débrayages deviennent légion pour peu que l’administration ou la direction de l’éducation ne tienne pas ses promesses. La grève décidée ne l’a pas été pour une histoire de cantine. Pas non plus pour des classes surchargées ou un manque d’enseignants. La qualité de ces derniers n’est pas remise en cause non plus.
Apprenants et professeurs ont tout simplement décidé un arrêt des cours pour une meilleure sécurité dans l’établissement. Et là aussi, ce ne sont pas des voyous venants des quartiers avoisinants qui sont en cause, mais plutôt un élève du collège Bourouha-Lamri. L’élève, 15 ans, n’a pas trouvé mieux pour «corriger» une enseignante que de l’attaquer avec une… pioche ! Eh oui, au lieu de la trousse, des crayons des livres et des cahiers, notre garnement boutonneux avait dans sa panoplie une pioche.
Tout a commencé mercredi dernier quand le petit vaurien s’est trompé de classe. L’enseignante lui indiquera son erreur. «Je pense que le garçon était sous l’effet d’une drogue quelconque, nous dira un parent d’élève. Il n’a pas compris ce que lui disait l’enseignante et quand il a compris il n’a pas voulu quitter la classe et faisant du chahut. On le fera sortir de force, mais il quittera le collège pour revenir avec une pioche dans l’intention d’agresser l’enseignante». Il y a eu l’intervention énergique des surveillants pour désarmer l’adolescent, mais ce dernier ne s’avouera pas vaincu et reviendra à la charge, cette fois, avec un couteau. Nouvelles négociations, interventions et arrestation de l’énergumène qui aura semé la panique parmi tout le personnel, enseignant, surveillants et apprenants pendant d’interminables minutes.
L’élève ne reviendra pas de si tôt au CEM Bourouha, «ni dans un autre CEM», nous dira un cadre de l’éducation. «Maintenant il est entre les mains de la justice et son cas est sorti des prérogatives de l’éducation», ajoutera notre interlocuteur.
Cette énième agression à l’intérieur d’un établissement scolaire n’est pas la première du genre à Massinissa, mais relève de l’originalité quant au mode d’agression et ce par un élève même du collège. Les parents d’élèves sont toujours inquiets d’autant que la cité Eddarih (le tombeau, celui de Massinissa en l’occurrence : ndlr) est connu pour la forte délinquance qui y prévaut. Plusieurs familles, d’ailleurs, ont préféré changer de lieu de résidence pour s’en aller vers des cités moins dangereuses. «Nous pensions que nos enfants étaient plus ou moins protégés à l’école, mais ce n’est plus le cas. Je crois que le mieux est de faire comme mes anciens voisins, plier bagages et aller ailleurs», conclura un parent d’élève.<