Après plus d’une année de suspension d’importation de vaches laitières modernes (VLM), le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a annoncé lors de sa deuxième journée de visite, de travail et d’inspection, hier, dans la wilaya d’El Bayadh, que cette mesure sera levée.

Par Bouzid Chalabi
Tout en soulignant, lors d’une rencontre avec les représentants de différentes corporations agricoles, des présidents de conseils interprofessionnels locaux de différentes filières agricoles et d’investisseurs du secteur agricole, que les professionnels concernés seront soumis à des conditions fixes et, entre autres, l’exigence de qualité des génisses importées. Expliquant également que « cette décision répond à la nécessité de développer la corporation des éleveurs de VLM à l’effet de renforcer la production nationale de lait cru et, par voie de conséquence, de réduire la facture d’importation du lait en poudre ».
Ce faisant, il y a lieu de rappeler que les vrais professionnels dans le domaine de l’élevage de VLM ainsi que les agronomes spécialisés dans la production n’ont eu de cesse de répéter que le développement de la production de lait cru passe par des préalables et surtout une multiplication à court terme du cheptel bovin laitier ainsi que la mise en place de mesures incitatives pour booster l’élevage de VLM. Deux importantes conditions qui ont connu une exécution sur le terrain, durant la période 2008 à 2018, où des centaines et des centaines de génisses pleines, destinées au marché de l’élevage, ont été importées par des particuliers. Pour le détail, les éleveurs se sont vu assurés d’un prix de vente soutenu par l’Etat (50 DA/l) ainsi que la mise en place de prime pour chaque litre de lait produit (10da/l) non sans citer les collecteurs de lait cru, bénéficiant d’un encouragement de 5 DA par litre collecté destiné aux laiteries du secteur privé et public. Autant d’incitations à la production qui se sont soldées par de piètre résultats, voire même très en deçà des objectifs escomptés. Pis encore, des VLM mises dans de bonnes conditions et assistées de vrais professionnels peuvent donner entre 25 et 30 litres de lait par jour, et ne produisant, pour la majorité, pas plus de 10 l/jour en moyenne rendant ainsi le coût de l’entretien d’une VLM très élevé, au point où leurs propriétaires n’ont eu d’autres alternatives que de solliciter les maquignons. Comme il faut citer cette dérive mise à nu par les services vétérinaires, les génisses importées sont d’origine douteuse. Découvrant ainsi le pot-aux-roses, importer des vaches cédées à très bas prix au vu de leur faible production et sans aucun signe de traçabilité et les revendre à des prix exorbitants.
Pour l’heure, et selon des sources informées, les autorisations d’importation ne seront délivrées aux particuliers qu’à des conditions draconiennes, notamment les volets traçabilité et certificat vétérinaire. Des conditions qui visent pour ainsi dire à faire barrière aux importations sporadiques des faux professionnels.