Aujourd’hui, le monde célèbre la Journée de la liberté de la presse qui intervient dans des conditions difficiles liées à la propagation de la pandémie du Coronavirus, qui complique le travail du journaliste. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a assuré, vendredi, que la liberté d’expression était garantie en Algérie mais dans les limites du respect de la loi.

Dans une entrevue avec des journalistes algériens, Tebboune a notamment profité de l’occasion afin de clarifier sa position concernant ce secteur, se basant sur «le dialogue continu, l’explication et non sur la répression», déplorant l’existence «de choses inadmissibles aussi bien pour nous que pour les journalistes qui dénoncent, eux aussi, cette confusion entre le concept de la liberté et l’anarchie». La confusion entre la liberté d’expression et le désordre est ainsi rappelée par le chef de l’Etat, signifiant l’intransigeance dans certaines situations lorsque les limites sont transgressées. «La souveraineté est une limite, elle ne fera jamais l’objet de marchandage ou d’achat des consciences», a souligné Tebboune. Ce dernier fera longuement allusion à «certains journalistes» qui feraient la confusion entre la liberté d’expression et le respect des lois en vigueur qui régissent le secteur sensible des médias. Se félicitant, par ailleurs, des compétences journalistiques existant en Algérie, le président de la République a rappelé que la gestion du secteur de la communication avait été confiée à Amar Belhimer, «un des grands journalistes du pays». Il a réitéré, par là même, son engagement à soutenir la liberté d’expression «sans laquelle on ne saurait avancer vers l’avant», soulignant sa détermination à «lutter avec acharnement contre l’insulte, l’injure, la diffamation», évoquant certaines incompétences qui «risquent de mettre dans l’embarras nos relations avec des pays voisins à travers certains programmes télévisés». L’allusion est faite aux télévisions privées qui, faut-il le rappeler, sont toujours de droit étranger, ayant diffusé des programmes qui ont fortement fait polémique en ce début de Ramadhan. Ce qui a poussé l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) à réagir plusieurs fois. L’organisme dont le but est la régulation de l’espace télévisuel algérien, installé depuis 2015, s’est illustré depuis par la rareté de ses interventions. Le Président Tebboune n’a pas manqué de passer en revue les conditions dans lesquelles évolue la presse en Algérie et les différentes facilitations dont elle bénéficie. «Il y a près de 126 quotidiens dont la majorité publie et imprime aux frais de l’Etat, outre la publicité dont ils jouissent, alors qu’ils ne payent aucun droit d’abonnement à l’agence de presse ni impôts», a-t-il dit. «La démocratie ne saurait être bâtie sans un Etat fort qui recourt à la loi, seul moyen de trancher, et c’est là notre ambition», dira le Président. n