Le ministère du Commerce pourrait imposer des quotas d’importation aux produits électroménagers, électroniques et de téléphonie, notamment les smartphones.

Le ministère du Commerce pourrait imposer des quotas d’importation aux produits électroménagers, électroniques et de téléphonie. C’est ce qu’a indiqué, hier, à Reporters une bonne source en expliquant que cette décision encore à l’étude pourrait être motivée par le poids de la facture d’achat à l’étranger de ces produits et équipements qui a culminé à plus de 490 millions de dollars en un trimestre – en 2016 –, selon les données des Douanes. Il s’agit aussi pour les pouvoirs publics de réduire la facture d’importation et mettre de l’ordre dans un secteur décrit comme « désorganisé », avec une multitude de marques présentes en Algérie. Faut-il le fermer pour autant ? « Si on laisse le marché ouvert, il n’y a pas de problème à condition que ces marques investissent en Algérie, dans le service après-vente par exemple et la formation des techniciens », estime Younes Grar, consultant en technologies de l’information et de la télécommunication (TIC), interrogé hier. « Il faudrait que le gouvernement offre des facilités à ceux qui font leur devoir via l’investissement ou les partenariats de formation et qu’il taxe ceux qui viennent seulement pour le gain », ajoute le consultant en TIC.

La qualité de la production algérienne est-elle à la hauteur pour satisfaire la demande ?
« Les utilisateurs préfèrent se tourner vers les marques comme Samsung ou Apple, réputés plus robustes », confie notre interlocuteur. Concernant les marques algériennes, « il faudrait qu’il y ait une vraie valeur ajoutée, ce n’est pas de la quincaillerie ! » « Il ne faudrait pas qu’on ait seulement le nom qui soit local si tout est importé de Chine et qu’on se contente de quelques tours de vis.
Plus le taux d’intégration est grand à travers la soudure des composants ou la fabrication des carcasses par exemple, plus le fabricant doit bénéficier de facilités pour créer une vraie industrie », considère M. Grar, pour qui l’Etat doit exiger des opérateurs locaux des normes de qualité, un nombre minimum de centres de services après-vente, l’investissement dans les start-up et la formation de techniciens spécialisés. Il n’en demeure pas moins que le gouvernement « doit rester vigilant et imposer des contrôles » dans un marché anarchique, juge-t-il.
En ce qui concerne les produits électroniques et électriques, un observateur du secteur a jugé hier que la question de l’importation pourrait être réglée en partie en suivant l’appel de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie. L’Aprue souhaite l’interdiction d’importer les produits énergivores qui inondent le marché algérien.
Les importations ont pesé en 2016 pour environ un tiers du Produit intérieur brut (PIB). La valeur des importations correspondait à 23,6% du PIB en 2011 et à 27% en 2014. L’exercice 2016 s’est soldé avec une facture d’importations se chiffrant à 46,72 milliards de dollars contre 51,7 milliards en 2015, en baisse de seulement 9,62%.