PAR NAZIM B.
La campagne électorale pour les locales prend fin aujourd’hui à minuit. Les derniers jours de cette campagne, qui n’a pas connu l’engouement populaire souhaité par les partis politiques en lice, ont vu les prétendants abattre leurs ultimes cartes afin de convaincre les électeurs. Passé cette échéance, les candidats seront contraints au silence électoral, selon l’article 74 de la Loi organique relative au régime électoral.
Cet article stipule que «nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne, en dehors de la période prévue …» qui dispose que la campagne est «déclarée ouverte vingt-trois (23) jours avant la date du scrutin et s’achève trois (3) jours avant la date du scrutin». Si la campagne n’a pas été un moment de discours politiques élevés, elle aura incontestablement permis aux partis en course de présenter leurs visions quant à la gestion locale et bien d’autres thématiques en lien avec les préoccupations citoyennes.
Dans une première évaluation du déroulement de la campagne, le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a estimé qu’elle «s’est déroulée de manière positive», soulignant que «les règles de bonne conduite ont été respectées». M. Charfi a fait état de quelques «dépassements mineurs» en relation notamment avec le non-respect du protocole sanitaire pour faire face à l’épidémie de Coronavirus.
La même ANIE avait indiqué que le corps électoral s’est élevé, au terme de la révision exceptionnelle des listes électorales, à 23 717 479 électeurs et électrices, selon les données communiquées par l’ANIE, instance qui supervise tout le processus électoral, relevant qu’environ 800 000 encadreurs seront mobilisés pour le bon déroulement du scrutin dans 61 696 bureaux et 13 326 centres de vote. Un total de 1 158 dossiers de candidatures aux Assemblées populaires de wilaya (APW) a été retiré, dont 877 dossiers retirés par 48 partis politiques agréés et 281 par des listes indépendantes. Un total de 22 325 dossiers de candidatures aux Assemblées populaires communales (APC) a été également retiré, selon la même source.
Un protocole sanitaire en prévision des élections locales a été signé par l’ANIE et le ministère de la Santé en vue de prévenir la propagation de la Covid-19. Les deux parties ont souligné leur attachement à l’application stricte des mesures préventives pour un déroulement du scrutin «en toute sécurité», relevant que tous les moyens nécessaires ont été mobilisés pour la réussite de ce rendez-vous. En ce qui concerne le financement de ce scrutin, c’est un budget de 8,67 milliards de dinars qui a été alloué pour les dépenses liées à la préparation et à l’organisation des élections locales, ce qui fera dire à M. Charfi que «toutes les conditions de réussite des élections locales sont réunies», considérant que cette réussite «est étroitement liée au degré d’éveil démocratique chez le citoyen». En visite hier dans la wilaya d’Illizi pour l’installation du nouveau wali, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a soutenu que les pouvoirs publics «œuvraient à l’ancrage de la démocratie participative dans la gestion de la chose publique selon une approche nouvelle». Le Premier ministre et ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, avait annoncé, quant à lui, lors de la présentation du Plan d’action de son gouvernement, l’installation, en octobre, d’ateliers de réforme dédiés à la révision des codes communaux et de wilaya en vue de «répondre aux exigences du développement local».
Une question qui a occupé une bonne part dans les débats lors de cette campagne. <