Le Front des forces socialistes (FFS) tiendra, demain vendredi, une session extraordinaire de son conseil national qui aura à trancher la question de sa participation ou non aux élections locales du 27 novembre prochain.

PAR NAZIM BRAHIMI
Question d’autant plus cornélienne pour une formation politique, qui a toujours pris part aux locales pour «rester proches du citoyen et à l’écoute de ses préoccupations», mais dont le contexte risque d’imposer au parti du regretté Aït Ahmed une nouvelle lecture quant aux avantages et inconvénients de sa présence ou non dans les assemblées locales.
D’autant plus que le plus vieux parti de l’opposition reste sur une position de boycott des dernières législatives du 12 juin, un choix qu’il semble avoir pris sous la pression d’une partie de ses militants qui ont vu un «reniement» du FFS dans le fait de se lancer dans la course au Parlement au moment, estime-t-on, où la rue réclame le départ du système.
«Notre parti ne cédera pas un iota du pouvoir local pour barrer la route à la mafia et aux relais locaux du pouvoir central. Notre parti a toujours fait de sa présence dans les assemblées locales un axe stratégique», a soutenu le premier secrétaire du FFS au mois de juin dernier, dans ce qui s’apparente déjà à une introduction à sa participation aux locales. Il s’agit d’être au plus près de nos concitoyens, partager leurs souffrances et leurs combats, les accompagner, répondre un tant soit peu à leurs attentes et partager leurs espoirs, c’est là, le socle sur lequel est fondé notre parti. C’est dans cette optique que notre présence dans les assemblées locales trouve tout son sens», a constamment soutenu le FFS à la veille de chaque échéance locale. Restera-t-il sur cette lecture ? La réponse sera apportée demain à l’issue de la session extraordinaire du conseil national convoquée par l’Instance présidentielle.
Pour sa part, le RCD, qui réunit son instance de délibération la semaine prochaine (17 septembre), l’équation n’en est pas moins complexe eu égard aux positions tranchées du parti, farouchement opposé à la feuille de route du pouvoir. Surtout durant ce contexte de mouvement populaire que le RCD a accompagné depuis le début. Cela n’exclut, cependant, pas la possibilité de voir le parti présidé par Mohcine Belabas opter pour la participation pour demeurer dans les assemblées communales et de wilaya particulièrement dans les circonscriptions du centre du pays, où le parti compte un nombre important d’élus.
Le Parti des travailleurs (PT) semble, quant à lui, très proche du boycott au vu du discours qu’il tient depuis l’avènement du Hirak et la chute de Bouteflika.
«C’est un fait étonnant que de convoquer le corps électoral, qui ne relève pas des soucis des citoyens (…) C’est un échec annoncé», a indiqué le parti trotskiste lors de la dernière réunion de son bureau politique.
Par ailleurs, chez les partis dits de l’allégeance, le temps est à la participation, à l’image du FLN qui semble se mettre dans le vif du sujet en dépit des luttes intestines que se livrent ses cadres, comme l’illustre la guerre des déclarations, d’accusations et de contre-accusations entre le secrétaire général, Abou Fadhl Baâdji, et ses détracteurs. Ces derniers tiennent à le destituer alors que, lui, tient à son poste. «Ce sont les cachiristes du 5-Juillet (allusion au rassemblement en faveur du 5e mandat de Bouteflika) qui s’agitent en m’accusant de marchander les listes électorales», a-t-il lancé lors d’une conférence de presse organisée mardi au siège du parti, contre les «informations» le donnant «évincé» de la direction.
Par ailleurs, les partis de Jil Jadid, Fadjr el Jadid et Talai El Hourriyet ont entamé des pourparlers en vue de présenter des listes communes à l’occasion de ce scrutin. Une démarche qui permettra vraisemblablement aux trois partis une large participation. Elle leur permettra également de satisfaire les conditions contenues par la loi organique sur les élections.
La même démarche consistant à constituer des alliances est aussi à l’ordre du jour chez les islamistes, puisque le FJD, El Bina et Ennahda débattent la possibilité d’une participation commune comme lors des législatives de 2017. <