Dans le prolongement de la convocation du corps électoral pour le renouvellement des assemblées locales (APC-APW), annoncé pour le 27 novembre prochain, l’opération portant aménagement de l’encadrement réglementaire de cette échéance est mise en branle pour une élection diversement appréhendée par les courants politiques et l’opinion publique.

PAR NAZIM BRAHIMI
Cet aménagement réglementaire a été rendu nécessaire par les nouvelles dispositions du nouveau régime électoral. Dans ce sens, l’Ordonnance modifiant et complétant des dispositions de la loi organique relative au régime électoral est parue dans le dernier numéro du Journal Officiel. Il est ainsi précisé que les dispositions des articles 317 et 318 de l’Ordonnance 21-01 portant loi organique relative au régime électoral fixent «à titre transitoire et uniquement pour les élections anticipées des Assemblées populaires communales et de wilaya qui suivent la promulgation de la présente Ordonnance portant loi organique».
La nouveauté réside dans le fait que «les listes des candidats présentées au titre d’un parti politique et celles des indépendants dans les circonscriptions électorales qui n’ont pu réunir la condition de parité requise, prévue par l’article 176 de la présente loi organique, peuvent solliciter l’ANIE à l’effet de déroger à la disposition relative à la condition de la parité». Dans ce cas, «l’ANIE valide ces listes et prononce leur recevabilité». Une autre nouveauté a été également apportée en ce qui concerne le parrainage des listes. «La liste des candidats présentée sous le parrainage d’un parti politique ou à titre indépendant pour les communes, dont le nombre d’habitants est égal ou inférieur à 20 000, doit être appuyée par au moins 20 signatures des électeurs de la commune concernée pour chaque siège à pourvoir», est-il indiqué.
Avant-hier, le Conseil des ministres réuni en session extraordinaire a approuvé un projet d’ordonnance modifiant certaines dispositions de la loi relative à la commune pour les adapter au niveau régime électoral. Le communiqué du Conseil des ministres a relevé qu’il a été notamment question dans ce projet d’ordonnance de ce qui «a trait au volet relatif au président de l’APC et ses vice-présidents». L’indication est annonciatrice de l’introduction de nouvelles conditions en ce qui concerne les postes cités, à savoir celui du président d’APC et des ses adjoints. Une injonction qui serait justifiée par les limites et les carences constatées dans la gestion des collectivités locales, particulièrement en cette période de crise.
En poste depuis novembre 2017, de nombreux exécutifs communaux ont collectionné les contre-performances et la mauvaise gestion des affaires de la cité jusqu’à susciter la colère des citoyens qui recourent parfois à des actions extrêmes comme la fermeture des routes. Sans parler bien entendu des promesses de réalisations que les P/APC et leurs adjoints n’ont pas tenu, ce qui a donné lieu à une rupture de confiance entre le citoyen et la représentation de l’Etat au niveau local.
C’est dire, à ce propos, que cette échéance peut servir de baromètre pour voir quel rapport entretiendrait la population avec les démembrements de l’Etat dans un contexte marqué, au-delà de la réalité socioéconomique du pays, par le niveau élevé des exigences citoyennes vis-à-vis des autorités locales tenues manifestement d’élever, elles aussi, leur niveau de gestion pour répondre aux attentes grandissantes des populations.
C’est probablement pour cette considération, et sans doute d’autres éléments, que le président Tebboune a ordonné, lors du dernier Conseil des ministres «l’implication» des deux chambres du Parlement pour «enrichir» le débat autour de ce projet d’ordonnance. «Après présentation du projet de loi organique relatif à l’information et à l’audiovisuel, le président de la République a ordonné l’implication des deux chambres du Parlement pour enrichir le débat autour de ces deux textes fondamentaux liés directement à un projet conciliant décision démocratique et préservation de la sécurité nationale du pays», peut-on lire dans le communiqué qui a sanctionné ladite réunion du Conseil des ministres. <