Au moment où la campagne électorale pour les locales du 27 novembre s’apprête à boucler sa seconde semaine, ce n’est pas encore la paix entre l’ANIE et les formations politiques en lice dans cette compétition.

PAR NAZIM BRAHIMI
Si le président de cette instance, Mohamed Charfi, ne s’engage pas à nommer les destinataires de ses ripostes aux critiques qui le ciblent, il ne rate plus aucune occasion pour évoquer la neutralité de l’ANIE. La démarche de Charfi n’est pas manifestement fortuite, son objectif étant de replacer le rôle qui lui est assigné, à savoir l’encadrement du scrutin, alors que ses contradicteurs, notamment parmi les partis politiques (FFS, MSP) lui reprochent sa partialité.
Des chefs de parti ont estimé, pendant leurs sorties de proximité, que des «agissements» et des «décisions» de l’ANIE ne les rassurent pas, évoquant même une «ressemblance» dans son encadrement avec celui de l’administration et des représentations du ministère de l’Intérieur au niveau local. Les critiques qui ne semblent pas être de la même intensité qu’aux premiers jours de la campagne continuent, cependant, à susciter la réaction de Charfi, qui met à profit la tribune que lui offrent les journées de formation qu’il anime avec les représentants et les délégués de l’ANIE au niveau local, pour mettre en avant «la neutralité» de l’ANIE en renvoyant les partis politiques à une «lecture juste» des dispositions réglementaires.
«Il faut se référer à la loi électorale qui évoque dans son article 184 les candidats qui ne peuvent être acceptés lors des élections», a réitéré à plusieurs reprises M. Charfi.
Ce dernier a rappelé, une nouvelle fois, pour contredire les avis des chefs de parti, que le candidat, «en se référant au même article, ne doit pas être connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales».
Même réplique de Charfi en ce qui concerne les critiques portées contre les représentations locales de l’ANIE. «Je tiens à démentir catégoriquement ces déclarations. L’ANIE respecte et applique la loi en sa qualité d’institution constitutionnelle. Ses coordinations ne peuvent agir en dehors du cadre de la loi», a-t-il réagi.
Auparavant, et à la veille du coup d’envoi de la campagne, M. Charfi a affirmé que les trois-quarts des décisions de rejet de candidatures aux élections locales du 27 novembre prises par l’ANIE ont été approuvées par le Conseil d’Etat.
Loin de cette «guerre de déclarations» entre l’ANIE et les prétendants dans cette échéance, d’autres partis ne semblent pas se focaliser sur cet aspect dans l’encadrement de l’opération.
C’est le cas du président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, qui a soutenu, hier, que son parti «est parmi les rares partis qui portent un projet de société qui vise à contribuer à l’édification d’une Algérie forte et productive, à travers l’adoption d’une vision globale qui commence étape par étape de l’Algérie nouvelle pour englober les grandes villes et arrive au niveau national, avec un programme national». En ce qui concerne la manière avec laquelle son parti aborde cette campagne, il dira que Jil Jadid, qui est présent dans plusieurs wilayas et communes, a «focalisé sur l’action de proximité qui repose sur la communication directe avec le citoyen lambda dans la commune enclavée et sur l’écoute de ses préoccupations et de ses problèmes».
Il a précisé que «les meetings populaires requièrent des moyens et notre parti ne reçoit aucun soutien d’une quelconque partie, c’est la raison pour laquelle nous menons notre campagne selon nos moyens». n