Le coup d’envoi de la campagne électorale des locales anticipées du 27 novembre sera donné demain. Les partis politiques engagés dans cette compétition ainsi que les listes des candidats indépendants tenteront de sensibiliser et de faire adhérer les citoyens à leurs discours.

Par NAZIM BRAHIMI
Une mission qui ne s’annonce pas facile au vu notamment de la désaffection des citoyens à la chose politique comme l’atteste incontestablement la difficulté des états-majors des formations politiques à susciter un engouement autour de leurs actions partisanes.
Cela ne dissuade pas pour autant les partis qui comptent faire entendre leurs voix et de rallier les citoyens à leur cause tout en mesurant la complexité de la tâche, notamment dans certaines circonscriptions où domine la tendance de «rejet» des élections locales.
La donne semble, cependant, avoir poussé les participants à tracer une stratégie de campagne en fonction du contexte. A la lumière des avis recueillis ici et là, l’ancien parti unique est tenté de reconduire la démarche qu’il a toujours privilégiée, à savoir celle des meetings populaires qui seront animés par le secrétaire général, Abou Fadhel Baadji. Ce dernier tentera, selon toute vraisemblance, de faire de cette campagne son «épreuve personnelle» compte tenu, au-delà des résultats qu’obtiendra le FLN, que c’est son règne à la tête du parti qui est également en jeu si l’on considère les voix de mécontentement qu’expriment régulièrement les membres du comité central et des structures locales.
Le secrétaire général du FLN est attendu à cet effet, au premier jour de la campagne électorale, à Tissemislt. Le même responsable se rendra également dans une trentaine de wilayas alors que d’autres figures de la direction nationale seront présentes dans les autres wilayas.
Situation semblable chez le Rassemblement national démocratique (RND) traversé lui également par des dissensions parmi ses responsables dont certains critiquent la gestion du parti par son secrétaire général Tayeb Zitouni.
L’autre premier responsable qui animera des meetings populaires est Abdelaziz Belaïd du Front El Moustakbal, ancien candidat à la magistrature suprême en 2019, attendu dans 25 wilayas avec un baptême de feu à Tamanrasset.
Pour sa part, le Front des forces socialistes (FFS) a indiqué avoir privilégié le travail de proximité jugé comme la démarche la plus efficace en pareilles circonstances. A noter, s’agissant de la campagne électorale, que le plus vieux parti de l’opposition a entamé un travail de sensibilisation de ses militants dans plusieurs wilayas. Il a procédé, faut-il le rappeler, à l’installation de Mohamed Nebbou et de Farid Bouaziz comme co-coordinateurs du Directoire national de campagne.
Seule formation politique du courant démocratique à prendre part à cette échéance si l’on excepte la participation inédite du PT qui a préféré accompagner en moyens ses militants convaincus du bien-fondé de la course électorale, le FFS était déjà dans le vif de la campagne dans le sens où il a multiplié les rencontres et rassemblements notamment dans les wilayas du centre.
Le FFS a été très critique à l’égard de l’ANIE et du dispositif d’encadrement du processus électoral «accompagné par des abus et une gestion sécuritaire», a-t-il reproché, soulignant qu’une telle opération reste «un processus politique et ne peut être envisagée que sous cet angle». L’ANIE s’est appuyée «exclusivement sur les premiers rapports émanant des services de sécurité sans preuves matérielles définitives ni décisions de justice, ce qui est en contradiction avec ce qui est stipulé par l’article 184 de la loi organique électorale», a reproché le parti.
En ce qui concerne les chiffres de cette consultation, le président de l’ANIE a indiqué dimanche que le corps électoral a atteint 23 717 479 électeurs, expliquant que le nombre des nouveaux inscrits sur les listes est de 669 902 électeurs, contre 474 742 individus radiés des listes. <