Le Parti des travailleurs prendra part aux élections législatives du printemps prochain. Le comité central de cette formation l’a décidé lors de sa réunion, tenue hier à Alger. Tout en annonçant la participation du PT aux prochaines joutes électorales, Mme Louisa Hanoune, secrétaire générale du PT, a, néanmoins, posé les conditions qu’elle considère importantes pour assurer un scrutin propre.

Elle a souligné, hier, lors d’un point de presse animé à l’issue de la tenue de la rencontre du comité central de son parti, que sa participation n’est aucunement un chèque à blanc, mais elle exige « une totale neutralité de l’Armée, de l’administration et des ministres du gouvernement de Sellal ». « On se demande si ces élections se dérouleront dans la transparence et si des garanties seront fournies aux participants concernant les listes et les voies de recours », a déclaré Mme Hanoune, soulignant que le PT se s’interroge sur le sort réservé à la Haute instance chargée de la surveillance des élections. « Les élections législatives sont devenues un exercice dangereux. Le président Bouteflika doit donner davantage de garanties », a-t-elle encore dit. « Le gouvernement doit cesser les pressions sur les ministres. Ces derniers sont sommés de jouer un rôle, au même titre que l’administration, dans les élections au profit de la même majorité », a accusé Mme Hanoune, ajoutant que « le gouvernement doit nous donner des garanties que ces élections ne seront pas un duplicata des précédentes élections où l’argent et la corruption avaient dominés». Elle a averti, par ailleurs, que « le gouvernement doit savoir que l’état d’esprit qui va prévaloir la veille de ces élections comptera beaucoup. On risque d’aller vers un taux d’abstention massif. Qu’ils comprennent que l’état d’esprit actuel est similaire à celui qui a prévalu en Syrie avant que les choses ne bousculent vers la situation actuelle. On exige une totale neutralité de l’Armée, des partis majoritaires au pouvoir, de l’administration et des ministres qui siègent dans l’actuel gouvernement. Qu’ils cessent de violer la Constitution ».
Louisa Hanoune justifie sa participation et, au passage, les conditions qu’elle pose, par le fait, dit-elle, que la participation du PT vise « à changer les choses». La mission que le PT s’assigne avec cette participation est aussi une manière de « secouer le cocotier » et bousculer « l’ordre établi » et en finir, le cas échéant, « avec la majorité parlementaire qui impose son diktat ». Tout cela, estime Mme Hanoune, contribuera « à rompre avec le pouvoir en place ». Elle a ajouté que la décision du comité central d’engager le parti dans cette bataille est une réponse au peuple qui veut que ses revendications soient portées par le PT, afin de barrer « la route au despotisme d’un pouvoir autiste ». «L’actuelle session du comité central restera ouverte », a souligné la SG du PT, précisant que ce choix est dicté par « un probable changement d’attitude de la part du parti » en prévision  de tout imprévu et qui « le conduira au retrait de la course».
«Le PT n’applaudira pas un hold-up politique et électoral. Si ces élections venaient à présenter un danger pour l’Algérie, on ne se présentera pas », a-t-elle dit. Ajoutant que le comité central s’interroge « s’il y a une réelle volonté politique de changer les choses ». Sur sa lancée, la SG du PT a ouvertement accusé le FLN et le RND qui créent, selon elle, «une majorité virtuelle pour s’accaparer le pouvoir ». Pour Mme Hanoune, le gouvernement de Sellal doit mesurer l’importance du respect du choix de la jeunesse et des travailleurs.