La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Mme Louisa Hanoune, a annoncé hier que son parti ne participera pas aux prochaines élections législatives du 12 juin. La responsable politique, qui intervenait au lendemain de la première réunion du Comité central du PT, organisée les 13 et 14 mars, a en ce sens indiqué que la décision a été prise «à la quasi-unanimité».

Par Nadir Kadi
«Après une discussion sérieuse et approfondie, le Comité central du Parti des travailleurs a décidé à la quasi-unanimité la non-participation aux élections législatives du 12 juin prochain.» Une décision sans surprise et qui va dans le sens des dernières déclarations de Louisa Hanoune. La secrétaire générale du parti avait en effet laissé entendre, samedi, que cette élection était «non prioritaire». Et plus encore, qu’elle constituait une sorte de légitimation du «système». Y prendre part, avait-elle déclaré sous forme de question avant la réunion du Comité central, «ne participerait-il pas à la légitimation de la situation actuelle ? A la légitimation de l’effondrement dans tous les domaines ?»
Décision du PT, par ailleurs appuyée sur une lecture politique particulièrement critique de l’action du gouvernement. Louisa Hanoune explique que le Comité central a appuyé «la non-participation» aux élections législatives sur la conviction que le rendez-vous n’est pas une «demande du peuple» et que le résultat «est connu d’avance», étant donné que «le jeu électoral a été fermé hermétiquement par le pouvoir en place».
Ainsi le PT, qui ne cache pas son hostilité à la nouvelle loi électorale, ajoute que les élections du 12 juin «auront pour conséquence de caporaliser les institutions élues via une société civile fabriquée (…) Ces élections portent en elles l’étranglement du multipartisme, l’indépendance des syndicats et des associations. C’est-à-dire la destruction de la démocratie politique. Et vont vers la mise en place d’un système entièrement totalitaire».
Dénonçant ainsi ce qui s’apparente pour le PT à une manipulation, Mme Hanoune déclare, en citant les conclusions du Comité central de son parti : «Ces élections législatives font partie d’un processus qui a été imposé au peuple dès le lendemain du départ d’Abdelaziz Bouteflika pour permettre le maintien du système.» Et la responsable politique d’ajouter plus loin que le scrutin du 12 juin «ne permettra pas de démanteler le système obsolète hérité du parti unique et contre lequel la majorité du peuple s’est soulevée». Ni même, comprend-on, d’apporter une réponse aux questions économiques et sociales : «Ce rendez-vous électoral ne résoudra pas les problèmes économiques et sociaux», causés par des politiques que «le gouvernement s’est engagé à poursuivre».
Le parti des travailleurs annonce, également, par la voix de sa secrétaire générale, qu’il met en place un plan visant à accompagner le mouvement populaire qualifié de «seconde révolution algérienne». Il s’agit, explique-t-on en substance, «d’une décision qui est stratégique et non tactique (…) Le comité a défini un plan d’action et de travail pour l’étape à venir, articulé autour de l’aide à apporter à la mobilisation révolutionnaire (…) pour qu’elle s’oriente vers l’auto-organisation au travers de comités d’action».
Ainsi, le PT estime que les questions socio-économiques sont aujourd’hui «la priorité» et sont de plus en plus présentes au cœur du Hirak. Il fait savoir que son Comité central «rejette les appels visant à reporter les questions socio-économiques et à cacher les idéologies jusqu’après le départ du système», considérant que «ces appels consacreraient la pensée unique et seraient un danger mortel pour la révolution».