Par Nadir Kadi
Le parti Mouvement de la société pour la paix (MSP) a présenté, hier, son programme électoral en vue des élections législatives du 12 juin prochain. Le président du parti, Abderrazak Makri, qui a fait savoir lors d’une conférence retransmise sur les réseaux sociaux du parti, que le nom choisi pour le programme est le «rêve algérien», a par ailleurs indiqué qu’il s’agissait d’une sorte de résumé de l’ensemble de la vision et des propositions du MSP : «Ce programme est un résumé du plus grand programme réalisé par nos commissions sectorielles.» Le responsable, qui a ajouté que ces propositions du MSP seraient distribuées durant la campagne sous la forme d’un document de 15 pages «pour convaincre les électeurs à voter pour nos listes», mais aussi sous forme «de 25 vidéos courtes», a par ailleurs laissé entendre hier que l’échéance du 12 juin serait un moment charnière pour le pays : «Nous allons vers une élection qui est une chance importante pour l’Algérie (…) Et je dis cela pour ne pas dire que c’est la dernière chance, au regards des crises que traverse le pays.»
En effet, détaillant longuement la «vision politique» qu’il donne à son programme et à la prochaine élection, Abderrazak Makri a notamment promis que le MSP, «s’il venait à emporter la majorité» au Parlement, constituera «à terme» un gouvernement d’union nationale avec les autres partis politiques. Un objectif qui concrétisera la conception du MSP de la vie politique : «Le pilier du travail politique reste les partis, c’est le cas partout dans le monde. Mais ce pilier ne peut apparaître qu’avec des élections libres et transparentes (…) Le but de cette élection est donc d’établir les partis comme pilier de la vie politique.» Ainsi rappelant que le programme se basait dans ses grandes lignes sur «les réformes, la garantie des libertés et la transition démocratique (…) la concrétisation de la volonté populaire (…) le consensus national et enfin le développement économique…» Abderrazak Makri annonce que le MSP ambitionne d’être représentatif de tous les électeurs et promet déjà de donner, rapidement, des gages de sa bonne volonté : «Après les élections, le mouvement s’il a la majorité travaillera à des mesures de retour au calme (…) Nous voulons dire que nous parlons à tout le monde (…) Parmi ces mesures, nous libérerons tous les détenus politiques et nous donnerons les agréments aux associations et aux partis qui ne les ont pas encore reçus.» Et c’est dans cette même logique que le président du MSP a parlé, hier, d’arriver à une sorte d’union des courants politiques sous un même gouvernement, en annonçant qu’à terme, après avoir «calmé la situation» et être parvenu à créer des canaux de communication entre les forces politiques, le MSP travaillera à la constitution d’un gouvernement d’union nationale. «Il mettra en oeuvre notre vision politique. Nous, au MSP, nous mettrons sur la table l’ensemble de notre programme (…) et je pense que tout le monde a déjà des avis très proches en ce qui concerne la situation économique.»
Un appel au consensus entre courants de la classe politique que le programme du MSP transpose également à la société, promettant l’organisation d’une «conférence nationale pour arriver à un contrat social consensuel, à même de garantir les droits de tout le monde, et la transition vers la démocratie». Quant au programme «économique» du MSP, il devrait se baser sur l’entreprise, et plus précisément sur le secteur privé que le responsable promet d’ouvrir à tous les domaines, excepté les «secteurs stratégiques». Abderrazak Makri, qui a expliqué en substance que «nous estimons que l’agriculture est la base (…) La sécurité alimentaire permet le développement en sécurité et sans pression extérieure. Puis l’industrie ouvre la voie à la richesse et la puissance et enfin les services symbolisent le progrès», a, en ce sens, ajouté que son objectif est le développement de l’entreprise pour offrir des emplois. «Nous ne voulons pas d’une société ou une large partie de ses membres vivent avec des dons (…) Il faut que la majorité ait une vie digne par le fruit du travail. Cela ne sera possible qu’avec un grand nombre d’entreprises». Ainsi, en ce qui concerne la situation économique, mais aussi géostratégique, le président du MSP a promis hier de dire la vérité aux Algériens : «Nous dirons la vérité aux Algériens en ce qui concerne les situations de crise du pays.
Où nous en sommes économiquement, quelle est la situation régionale et internationale, quels sont les dangers majeurs qui planent sur le pays». Un discours qu’il nuance toutefois en ajoutant : «Mais ce sera pour être positif, le pays a des richesses hors hydrocarbures pour se relever (…) Notre mouvement a les études qui prouvent que cela est possible». <