Ils seront plus de 23 millions d’électeurs algériens, en principe, à se rendre aux urnes lors des prochaines élections législatives.

C’est ce qu’a indiqué, jeudi dernier, le directeur général par intérim des libertés et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Amara Lakhdar, qui s’est exprimé en conférence de presse, a précisé, cependant, que le fichier électoral connaîtra une révision exceptionnelle « si elle est décidée par le président de la République lors de la convocation du corps électoral » qui devrait avoir lieu dans quelques semaines (3 ou 4 février avait indiqué une source sûre à Reporters) tout au plus en même temps que la publication de la date du vote (3 ou 4 mai selon le secrétaire général du FLN). Entre les deux, il y aura une période de 45 jours selon les dispositions constitutionnelles relatives à l’organisation des élections dans notre pays. « Chaque année, nous menons des opérations d’assainissement du fichier électoral à l’occasion de la révision annuelle, donc il peut y avoir de nouveaux inscrits ou des radiations », a précisé Amara Lakhdar à propos d’un rendez-vous électoral dont l’un des enjeux, estiment de nombreux observateurs, sera le taux de participation. Une question à chaque fois évoquée, notamment par les partis de l’opposition qui l’accompagnent par la crainte de fraude.
D’où l’insistance, jeudi dernier, du Directeur des libertés et des affaires juridiques, sur le fait que « l’administration est totalement neutre et offre toutes les possibilités aussi bien aux partis qu’aux citoyens ». Amara Lakhdar répondait à une question sur la menace d’une éventuelle fraude brandie par l’opposition aux prochaines élections législatives et locales. Il faut cesser avec « cette suspicion de fraude », a déclaré ce responsable au ministère de l’Intérieur. Relevant que « les représentants des partis sont depuis toujours présents dans les centres et bureaux et assistent à toutes les opérations électorales jusqu’au dépouillement ». « Je crois que la loi organique relative au régime électoral, que ce soit la nouvelle ou l’ancienne, a introduit toutes les garanties possibles et imaginables pour ce qui est de la régularité du scrutin », a-t-il soutenu par ailleurs.
Amara Lakhdar a rappelé qu’il existe une Haute instance indépendante de surveillance des élections, « totalement indépendante et ayant de larges prérogatives », qui peut interpeller qui que ce soit en cas d’infraction. La Commission Derbal, du nom de son président Abdelwahab Derbal, s’est réunie publiquement après trois jours, de dimanche à mercredi derniers, de travaux à huis clos au Palais des Nations, en perspective de la supervision et de la surveillance des élections. Au terme de ce regroupement de ses membres, le premier depuis sa création, son président a appelé « au sérieux, à l’engagement et à la persévérance pour mener le processus électoral dans la sérénité, le respect de la loi et l’équité vis-à-vis de tous les concernés ». Les travaux qu’il a dirigés ont été sanctionnés par l’adoption du règlement intérieur et l’élection de la commission permanente qui comprend 10 membres entre magistrats et « compétences nationales indépendantes ». Les prochaines législatives vont se dérouler dans le cadre de la nouvelle loi électorale qui impose aux formations candidates de nouveaux critères dont celui de la représentativité dans le champ politique et électoral. Ce texte de loi leur exige d’avoir 4% des suffrages lors des précédentes élections. Il a incité des journalistes à poser à Amara Lakhdar la question sur ce que va être l’attitude de l’administration vis-à-vis des formations qui vont entrer dans la course électorale avec des listes communes dans le cadre des alliances dans lesquelles les formations islamistes se sont engagées récemment. Sa réponse a été que celui qui a plus de 4%, on va considérer qu’individuellement, il sont plus de 4% ». Il a précisé, dans ce cadre, que dans l’impossibilité de les séparer, du fait qu’ils participent avec des listes communes, « on ira vers l’hypothèse la plus favorable ». Autrement dit, celle qui leur facilitera de défendre leurs couleurs respectives et collectives lors du vote prévu durant lequel l’administration sera « totalement neutre », a-t-il affirmé..