Il semble que le protocole sanitaire mis en place pour le déroulement des élections législatives n’ait pas été suivi partout de la même façon et avec la rigueur voulue à travers le territoire national. C’est plus dans les grandes villes, à des degrés différents au niveau des centres de vote, que dans les villages ou les régions reculées que le protocole sanitaire a été respecté.

PAR INES DALI
Que ce soit à travers le constat de visu, ou les séquences de vote filmées par les télévisions nationales ou encore à travers les comptes rendus des correspondants, c’est un suivi mitigé du protocole sanitaire et des gestes barrières qui est relevé. A titre d’exemple, normalement il y a prise de température pour chaque personne devant entrer dans un centre de vote, mais cela n’a pas été le cas en dehors des grandes villes. Et même dans les grandes villes comme la capitale, c’est beaucoup plus la matinée, durant la faible affluence, que le protocole a pu être bien respecté. C’était également le cas à Oran, Constantine, Sétif, etc. Le port du masque et la distanciation physique ne semblaient pas causer de soucis le matin, même si on ne peut parler de port de masque de la façon la plus appropriée.
Plus le temps avançait et plus le relâchement se faisait un peu plus visible. Ce n’est pourtant pas faute de moyens au niveau des centres de vote où toutes les garanties étaient là pour le suivi du protocole sanitaire. Gel hydroalcoolique et masques, entre autres, étaient disponibles pour que l’opération de vote se déroule dans les conditions sanitaires nécessaires en ces temps où la pandémie de coronavirus est repartie de plus belle en atteignant près de 400 cas confirmés par jour.
A Constantine, ce sont pas moins de 200.000 masques de protection et 650 flacons de gel hydroalcoolique qui ont été distribués à travers les centres de vote de la wilaya de Constantine, selon directeur de l’administration locale (DAL), Nacer Zougari, qui a expliqué que cela entre «dans le cadre des mesures et des procédures engagées par les autorités publiques visant à lutter contre la pandémie de Covid-19, notamment en cette conjoncture marquée par la propagation du virus à l’échelle locale».
Ces moyens de protection ont été affectés «au profit des agents mobilisés pour assurer l’encadrement de cette opération électorale et des citoyens fréquentant les centres de vote à travers les différentes communes», a-t-il ajouté, estimant que «le nombre de bavettes est suffisant pour répondre aux besoins des centres de vote, aussi bien ceux des régions urbaines que ceux des zones d’ombre réparties sur les douze communes de la wilaya» et que «le protocole sanitaire est respecté».
A propos du gel hydroalcoolique, posé bien en vue sur des tables, il y en a parmi les électeurs qui entrent dans les centres qui se frictionnent les mains avec et d’autres non. Il semble qu’il n’y ait pas obligation à se désinfecter les mains. Il en est de même pour la distanciation physique, tout le monde a pu le voir et le constater. L’après-midi, les électeurs qui attendaient leur tour pour entrer dans un bureau de vote ne semblaient nullement la respecter.
A Oran, la direction locale de la santé et de la population (DSP) a mobilisé des agents paramédicaux pour s’enquérir du respect du protocole sanitaire au niveau des 296 centres et 2.425 bureaux de vote, selon son responsable Youcef Boukhari, qui a indiqué, en outre que «les communes ont fourni des masques et moyens de désinfection». Malgré les moyens mis en place, les correspondants ont noté qu’au niveau de plusieurs centres de vote à travers la wilaya, un certain relâchement en matière de respect des mesures sanitaires préventives a été observé de la part des électeurs, notamment en ce qui concerne le port du masque et la distanciation physique, contrairement aux encadreurs des bureaux et centres de vote qui ont «appliqué scrupuleusement les différentes mesures préventives».
En fait, ce constat n’est pas seulement valable pour Oran, à Constantine ou encore à Alger, mais dans pratiquement l’ensemble des wilayas, que ce soit à Jijel, Relizane, Ghardaïa, M’sila, Tipasa, Djelfa, Béjaïa, El Oued, Sidi Bel Abbès, El Tarf, Tizi Ouzou, Adrar et autres. Ce sont beaucoup plus les agents d’encadrement du scrutin qui se sont conformés au protocole sanitaire, bien qu’il arrivait de voir également parmi eux certains sans masque. Mais la négligence la plus grande était relevé, sans conteste aucun, parmi les électeurs.
«Il est clair qu’il n’est pas aisé de s’assurer du respect rigoureux du protocole sanitaire dans plus de 61.543 bureaux de vote répartis sur 13.000 centres à travers le territoire national. En outre, dans plusieurs wilayas qui n’enregistrent aucun cas de coronavirus, les gens ne se sont pas sentis concernés par l’application des gestes barrières, probablement qu’ils ont dû oublier ce que c’est que porter un masque», nous a déclaré un spécialiste. <