J-2. Le scrutin législatif aura lieu dans 48 heures pour élire une nouvelle APN, alors que l’opération de vote dans les bureaux itinérants du Grand-Sud a déjà débuté. Le scrutin législatif, le premier sous le règne de Tebboune, et qui se déroule dans un contexte politique particulier, réserve plus d’une inconnue.

PAR NAZIM BRAHIMI
Incontestablement, le taux de participation demeure l’enjeu majeur de ce rendez-vous que le pouvoir politique veut réussir pour ouvrir la voie, ensuite, à la prochaine échéance, à savoir les élections locales dont la convocation du corps électoral est prévue pour le mois de septembre prochain. Cette interrogation quant au taux de participation, qui sera enregistré à l’heure des décomptes, est justifiée notamment par le contexte politique dans lequel se tient ce scrutin marqué par la persistance de la contestation populaire.
Elle est justifiée, également, par les multiples appels au boycott lancés par les formations politiques du courant démocratique qui ont décidé de tourner le dos au jeu électoral contre lequel elles opposent une solution transitionnelle dans un processus constituant. De l’autre côté, les participants, qui ont animé 6 098 activités, selon l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), n’ont pas cessé, pendant les trois semaines de la campagne, à appeler à la participation à ce scrutin jugé «décisif» mettant en garde contre «les conséquences du boycott». A l’évidence, le rythme de la campagne n’a pas livré d’indicateurs majeurs quant à l’adhésion des populations à ce rendez-vous électoral, marqué à première vue par la forte participation des indépendants, dont le nombre de listes acceptées est de 1 208 sur 1 244 déposées. Interrogé sur le taux probable de la participation, le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, a indiqué qu’il sera «autour des 40%, voire plus», une estimation qui serait rendue possible par la nouvelle loi électorale. «Le mode du scrutin ayant changé, il est normal que l’approche des citoyens soit différente (…) Aujourd’hui, nous avons un nombre important de listes ouvertes, tout cela fait que l’ensemble des candidats sont aussi des moteurs de mobilisation», a-t-il souligné.

Chef de gouvernement ou Premier ministre ?
En plus de la question relative au taux de participation, ce sont les résultats de cette élection qui semblent intéresser les acteurs politiques, notamment ceux du courant islamiste qui misent manifestement sur un rôle central pour eux dans la future configuration politique. Samedi et à partir de Médéa, Abderrazak Makri a prédit une «victoire écrasante» du MSP lors du scrutin du 12 juin, soutenant que «tous les indices sont favorables au parti et le donnent gagnant avec une majorité confortable».
Le chef islamiste a ajouté, par la même occasion, que son parti «va rafler la majorité des sièges du Parlement et confirmer, ainsi, la suprématie du parti et son aptitude à conduire le futur gouvernement». Le MSP se prépare-t-il à diriger le gouvernement ? En tout état de cause, ce n’est pas la seule et unique fois que Makri évoque, durant cette campagne, la possibilité de voir son parti hériter du futur Exécutif qui remplacera celui de Djerad.
La Constitution consacre, dans ce sens, le poste de chef de Gouvernement lorsqu’il résulte des élections législatives une majorité parlementaire, et celui de Premier ministre en cas de majorité présidentielle. Dans l’entretien qu’il a accordé la semaine passée au quotidien français Le Point, le président Tebboune a affirmé ne pas craindre une victoire des islamistes lors du scrutin du 12 juin prochain, estimant que «l’islamisme en tant qu’idéologie, celle qui a tenté de s’imposer au début des années 1990 dans notre pays, n’existera plus jamais en Algérie».