La contradiction naît de la confusion. C’est ce qui prévaut à l’aube des élections fédérales à venir. L’heure des bilans et des comptes venus, certains devront s’en aller. Un mouvement sportif dyslexique et des responsables qui semblent dépassés par la situation.

Le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), El-Hadi Ould Ali, multiplie les sorties médiatiques. Et parfois, les propos du patron du MJS sont incompatibles avec la réalité du sport en Algérie.

« Le ministère a les prérogatives d’évaluer l’activité de toutes les fédérations. Elles sont tenues de rendre des bilans. Les Algériens demandent à ce que des comptes soient donnés à travers cette institution (MJS). Par respect à ce peuple et cette jeunesse on se doit de le faire. L’Algérie est régie par des lois qui sont faites pour être respectées avant tout. Le ministère a signé un contrat d’objectifs avec toutes les instances. Celui qui a honoré ce contrat qu’il reste, il n’y a pas de problème. Il peut continuer et on le soutiendra. Celui qui n’a pas atteint ses objectifs, en principe on n’a même pas à lui demander de céder sa place », c’étaient les mots d’El-Hadi Ould Ali en marge du match CR Belouizdad – MO Béjaïa. Le boss de la bâtisse située à la place 1er mai 1945 veut veiller à ce que les lois de la République soient appliquées. Seulement voilà, la sélectivité est flagrante. Quand on voit un athlète de haut niveau comme le boxeur Illyas Abbadi privé de tous droits on n’est pas très enclin à digérer cet argumentaire. Le pugiliste est un parmi d’autres sportifs qui ne bénéficient pas de ce qui leur est légitime. Et ce, malgré la présence des textes dans le journal officiel qui protègent les sportifs ayant représenté l’Algérie dans les évènements regroupant les élites sportives continentale et mondiale. Ceci est un premier paradoxe. Dans la foulée, le successeur de Mohamed Tahmi apporte une précision : « Je parle de tout le monde. Je ne fais pas d’exception ou je suis en train de focaliser sur une seule personne parce que je n’ai pas de problèmes personnels avec quiconque». Une allusion pour tenter de balayer des reproches. En effet, certains trouvent qu’Ould-Ali a profité de la cabale médiatique visant le Président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, pour reprendre la main à l’approche des remaniements fédéraux. Le responsable principal du sport en Algérie a essayé de gagner en crédibilité en se payant la structure la plus en vogue en Algérie.

Fezouine et Raouraoua : (presque) le même combat…
En outre, samedi depuis Bechar, Ould Ali a parlé d’un autre présidant sortant dont la candidature a été recalée : Rachid Fezouine qui gérait l’institution fédérale de cyclisme (FAC) depuis le début de la décennie. « Nous avons donné des instructions fermes pour l’évaluation du rendement de ces fédérations et ligues nationales à travers la présentation de leurs bilans moraux et financiers comme définis par la loi. L’évaluation (des fédérations) nous a permis à titre d’exemple de rejeter le bilan de la fédération nationale de Karaté et nous avons demandé le retrait de son président et des membres de son bureau exécutif », a signalé le membre du gouvernement qui indique que « le cas est le même pour celle du cyclisme, après le rejet du rapport moral et financier de cette fédération, de même que nous avons engagé une procédure judiciaire contre son président après rejet de sa candidature à sa présidence.» Après avoir dénoncé les dépassements d’officiels algériens et responsables du Comité Olympique algérien (COA) à Rio de Janeiro, à l’occasion des Jeux Olympiques 2016, Fezouine, membre destitué du comité exécutif du COA, a été traduit en conseil de discipline de l’instance morale. S’en suit donc cette candidature récusée. Pourtant, le concerné a, en dépit des poursuites dont il fait l’objet, beaucoup donné à la discipline en remettant notamment sur scelle le Tour d’Algérie Cycliste, qui sera à sa 8e édition après la résurrection, après que la « petite reine » ait été bâchée des années durant. Ceux qui ont fait leurs preuves (sur le plan sportif) ne sont donc pas assurés de continuer l’aventure comme l’a assuré Ould Ali. Surtout quand ils n’hésitent pas à dire des vérités qui dérangent. Même s’ils ne sont pas des exemples de probité. Après deux mandats de suite, Fezouine est, comme Raouraoua, poussé vers la sortie…

Rapport de l’IGF, Berraf dément quand Ould-Ali y croit!
En dernier lieu, pour revenir à la fédération de Karaté (FAK), le ministre affirme que « le gel de son compte bancaire » a été décidé « après avoir fait appel à l’inspection générale des finances (IGF)». C’est sur le rapport de cette même commission que Reporters s’est basé pour dénoncer la surfacturation dans la construction de la piste d’athlétisme de Tikjda. Une procédure réglementaire régissant le code du marché contournée. Pas d’appel d’offres et un marché de gré à gré conclu en devises (USD) entre le Comité Olympique Algérien et l’entreprise IRS Derrich- Boumerdes pourtant basée ici en Algérie (première anomalie). Le tout, sans numéro, ni date de signature (2e anomalie). Montant du contrat : 300.000 dollars en échange de la réalisation de travaux de revêtements synthétiques de la piste d’athlétisme de 8 couloirs du Centre Olympique de Djurdjura. Des faits que Mustapha Berraf, numéro 1 du COA, n’a pas hésité à nier en faisant une mise au point. On n’y comprend plus rien…