L’élection à la présidence de la Fédération française de football (FFF) est programmée le 18 mars. Didier Deschamps mettra-t-il son poste dans la balance pour soutenir Noël le Graët ? Il se joue en coulisse une bataille rangée entre Noël le Graët, président sortant de la FFF et Jacques Rousselot, son principal challenger.

Au-delà des différences des programmes, les deux hommes (et leur clan) se détestent. La lutte pour le pouvoir, du Sénat romain au boulevard de Grenelle, est un combat sans merci. Longtemps NLG a fait figure de favori. Son bilan est bon. L’équipe de France va bien. Il demeure favori même si la marge de manœuvre est réduite. Le monde amateur lui serait acquis à 70%. En revanche, le monde professionnel est divisé : disons 50-50. La présence de Jean-Michel Aulas sur la liste de NLG n’est pas étrangère à ce revirement. Aulas n’a pas que des amis notamment chez les présidents de clubs qui n’ont qu’à ouvrir un placard pour trouver un cadavre. On rappelle que deux collèges, celui des pros et celui des amateurs, élisent le président de la FFF. Pour tout dire, et avec les réserves qu’il convient, une nouvelle élection de NLG ne sera pas simple. Une seule chose pourrait changer la donne : l’engagement de Didier Deschamps aux côtés de son président. Plus précisément si DD lie son sort à NLG, s’il annonce qu’en cas de défaite de l’homme avec qui il avance main dans la main depuis 2012, il partira. Pour le moment Deschamps n’a rien dit. Prendra-t-il la parole ? Cette stratégie est évoquée dans les bureaux de la FFF. Il est clair que si Didier Deschamps apporte son soutien à Noël Le Graët via un grand entretien (qu’il donnerait, disons au hasard, au journal L’Equipe), s’il dit : « En cas de victoire de Rousselot, je quitte mes fonctions de sélectionneur », il est clair que les électeurs réfléchiront. Le fera-t-il ? Il n’est un secret pour personne que Deschamps et Rousselot ne prendront pas leurs vacances ensemble. De la même façon, Jean-Michel Roussier, à qui le poste de Directeur général de la fédération est promis en cas de succès de Rousselot, n’est pas un intime de Deschamps. Deschamps s’engagera-il ? Il serait étonnant qu’il ne donne pas son avis avant le 18 mars.