La Confédération africaine de football (CAF) aura un nouveau président vendredi, à l’occasion de l’assemblée générale élective de l’instance continentale, prévue à Rabat (Maroc), où un seul candidat est en lice, le Sud-africain Patrice Motsepe, suite au retrait des trois autres postulants. Alors qu’ils étaient quatre prétendants au départ, l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sénégalais Augustin Senghor et le Mauritanien Ahmed Yahya ont décidé de retirer leurs candidatures, tout en apportant leur soutien à Motsepe. Le président sortant de la CAF, le Malgache Ahmad Ahmad, qui figurait parmi les candidats pour briguer un nouveau mandat, a été reconnu coupable d’une cascade de violations éthiques, dont la «distribution de cadeaux» et le «détournement de fonds». Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a réduit la sanction infligée par la commission d’éthique de la Fédération internationale (Fifa) de cinq à deux ans, confirmant donc l’inéligibilité d’Ahmad Ahmad pour ces élections. Propriétaire du club sud-africain de Mamelodi Sundowns, Motsepe (59 ans), très discret, contrairement aux autres candidats, sera ainsi le nouveau patron de la CAF, alors que les observateurs ne donnaient pas cher de sa peau. En effet, l’ancien président de la Fédération ivoirienne Jacques Anouma, ou encore le président de la Fédération sénégalaise Augustin Senghor, étaient considérés comme des favoris en puissance, jusqu’à l’entrée en jeu du président de la Fifa Gianni Infantino, le tout orchestré par le patron de la Fédération marocaine, Faouzi Lekjaâ, qui ont changé le cours de ces élections, dans ce qui est désormais convenu d’appeler le «consensus de Rabat». Ainsi, point de suspense demain vendredi à Rabat, puisque les cartes sont déjà distribuées. Si le Sud-africain Patrice Motsepe est sûr d’arborer le costume de président de l’instance africaine, le Sénégalais Augustin Senghor sera son 1er vice-président et le Mauritanien Ahmed Yahya le 2e vice-président. Quant à l’Ivoirien Jacques Anouma, il sera nommé conseiller spécial du président. Du jamais vu dans les annales du football continental. Pourtant, la secrétaire générale de la Fifa, la Sénégalaise Fatma Samoura, avait indiqué en février que l’instance mondiale ne comptait parrainer aucune candidature à la présidence de la Confédération africaine. «Le meilleur candidat est celui qu’auront choisi les 54 fédérations africaines membres de la CAF, selon leurs critères.
Que le meilleur gagne», avait-elle dit dans un entretien accordé à la télévision privée sénégalaise TFM. Abordant les principaux points de son programme, dévoilé le 25 février dernier, Patrice Motsepe a souligné la nécessité d’attirer les investisseurs du secteur privé dans le football africain. L’aspect financier, justement, le pousse à privilégier, pour le moment, une CAN organisée tous les 2 ans plutôt que tous les 4 ans, même si ce point précis ne figure pas dans son programme. «Nous devons restructurer la Coupe d’Afrique des nations dans les deux années qui viennent. Il y a eu des discussions pour savoir si elle devrait se dérouler tous les 4 ans ou tous les 2 ans. Personnellement, au départ, je pense qu’elle doit rester tous les 2 ans. Nous avons besoin de l’argent des compétitions de la CAF», a-t-il dit.
D’autre part, le patron du club de Mamelodi Sundowns a assuré qu’il ne voulait pas déplacer le siège de la CAF du Caire. En marge de ces élections, les membres de l’assemblée générale seront invités à élire leurs deux représentants au Conseil de la Fédération internationale, dont le président de la Fédération algérienne (FAF) Kheïreddine Zetchi est candidat, en compagnie du Marocain Faouzi Lekjaâ, de l’Egyptien Hani Abo Rida et de l’Equato-guinéen Gustavo Ndong Edu.