L’ancien chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, n’envisage pas de présenter sa candidature à l’occasion de la présidentielle prévue le 12 décembre prochain.

Dans ce qui s’apparente à une réponse aux sollicitations formulées ces dernières semaines par ses partisans l’appelant à briguer la magistrature suprême, M. Hamrouche a opposé son refus. « Je remercie celles et ceux anonymes qui souhaitent me voir impliqué dans les joutes électorales et leur rappeler que ma position sur cette question est claire et inchangée, mais mon engagement demeure total et mon espoir, comme eux, intact », a-t-il affirmé dans une déclaration rendue publique.
Cette réaction intervient alors que ceux qui sont favorables à une candidature de M. Hamrouche œuvraient à convaincre ce dernier de l’opportunité que constituerait le scrutin de décembre prochain pour le porter à la tête de l’Etat. Des partisans de l’ancien chef du gouvernement sous Chadli Bendjedid invitaient même ceux qui sont favorables à une telle candidature de se rendre chez le concerné et l’inviter à faire acte de candidature.
Peine perdue, Mouloud Hamrouche ne sera pas de la partie qui se déroule dans un contexte politique national très particulier marqué notamment par l’annulation du rendez-vous électoral à deux reprises. « J’ai eu à prendre une position et formuler mes points de vue sur la situation que vit notre pays, sur l’espoir que nourrissent nos concitoyens ainsi que sur des échéances projetées. J’ai toujours réfuté la confusion et rejeté la mystification », a-t-il expliqué dans son communiqué qui vient mettre fin à des supputations autour de M. Hamrouche dont le nom revient à chaque échéance présidentielle.
Mouloud Hamrouche a évoqué, dans son texte très succinct, mais qui n’a pas manqué de messages codés très coutumiers par ailleurs dans ses discours, des « exigences du moment » qu’il a opposées à des « promesses ». «Je continue à croire que la nature des exigences du moment ne peut être exaucée par des promesses », a-t-il dit à propos.
Pour l’homme des réformes sous la présidence de Chadli, la nature des exigences du moment « requiert des engagements des plus clairs, des plus forts, des plus larges et des plus inclusifs».
Avant cette précision signant clairement qu’il n’a aucune intention de se lancer dans la course vers le palais d’El Mouradia, M. Hamrouche a salué la mobilisation populaire tout en critiquant le système politique algérien qui a «anéanti l’embryon de l’Etat, fruit de la guerre de Libération nationale, annihilé la loi et détruit la gouvernance». Le pays « a cruellement besoin non pas d’un simple consentement ou un changement d’hommes, mais d’un vrai modèle institutionnel politique et étatique. Car sa survie, celle de son armée et de son gouvernement, en dépendent», a-t-il plaidé.
Estimant dans la même tribune qu’il «n’y a pas que la question des conditions d’organisation des élections et ses conséquences », il a mis en évidence « l’exigence de la séparation de l’Etat, sa pérennité et sa stabilité de la vie d’un Exécutif ».
Pour lui, les conditions de la légitimation du gouvernement, de son fonctionnement, de son évaluation et de son remplacement demeurent tributaires des réseaux qui contrôlent aujourd’hui des administrations gouvernementales et locales et qui possèdent de vrais relais clientélistes.
Soutenant que « l’édification de l’Etat national est une affaire du peuple et de sa volonté », l’ancien chef du gouvernement (5 septembre 1989- 5 juin 1991) a rappelé que les Etats « vivent et survivent par la seule volonté de leurs peuples, leurs armées et leurs élites » et que « stabilité, sécurité, prospérité sont des fruits de liberté, de démocratie et de responsabilité ».