Le Front des forces socialistes (FFS) a réitéré, hier, son opposition «totale» à l’agenda du pouvoir qui prévoit une élection présidentielle avant la fin de l’année en cours.
«Le FFS rejette totalement l’agenda du pouvoir et dénonce son obstination et son recours à des institutions illégitimes décriées par le peuple algérien», a indiqué le parti dans un communiqué rendu public à la veille de la convocation du corps électoral par le chef de l’Etat pour le scrutin présidentiel. En plus du rejet de la feuille de route mise en marche par les autorités, le plus vieux parti de l’opposition remet également en cause les formes adoptées pour la même finalité. «Les tenants du pouvoir, voulant la convocation à tout prix du corps électoral le 15 septembre et des élections avant la fin de l’année, vont jusqu’à adopter de façon expéditive, et au pas de charge, deux projets de lois liés au régime électoral et à l’autorité d’organisation des élections par un Parlement illégitime et impopulaire», s’indigne le même parti.
Pour le FFS, «cela relève d’un acte politique suicidaire», estimant que «la crise politique nationale s’aggrave de jour en jour et atteint un stade dangereusement critique dont la responsabilité incombe aux tenants d’un pouvoir illégitime, impopulaire et autoritaire qui, pour se maintenir coûte que coûte, a décidé unilatéralement d’imposer sa feuille de route en organisant une présidentielle à brève échéance». Le parti dénonce une «stratégie répressive qui n’a pas épargné des acteurs politiques et des leaders d’opinion, arrêtés illégalement et emprisonnés sans jugement».
Le FFS estime qu’afin de «neutraliser toute opposition à cette feuille de route, ce pouvoir de fait a multiplié et intensifié les actes de répression en procédant à des interdictions systématiques des activités politiques et associatives dans l’espace public, à des interpellations et arrestations violentes qui ciblent des militants politiques, des acteurs sociaux et des manifestants du mouvement révolutionnaire pacifique, et à la fermeture des canaux médiatiques indépendants». A cet effet, le FFS appelle les autorités du pays à «libérer immédiatement tous les détenus politiques et d’opinion et à l’arrêt des intimidations et de tous formes de répression afin d’installer un climat favorable à ce dialogue». Il dénonce à cet effet «énergiquement les agissements irresponsables et dangereux des médias aux ordres, notamment l’ENTV, dont la propagande malfaisante vise à saper les bases de la cohésion et de l’unité nationale cimentées par la Révolution populaire et à remettre en cause le caractère pacifique et solidaire du mouvement citoyen». La même formation politique réitère son appel «pour un dialogue sérieux, transparent et inclusif afin de trouver des issues consensuelles et réalistes à la crise nationale multidimensionnelle et ce, dans l’intérêt suprême du peuple algérien et de la nation, une et indivisible».