Le Chef de l’Etat Abdelkader Bensalah et le Premier ministre se sont rencontrés, hier, pour discuter de l’élection présidentielle du 4 juillet et des difficultés liées à son organisation. Un signe qui ne trompe pas sur l’ajournement presque programmé de cette échéance, à l’issue de la période de dépôt des candidatures.
Cette dernière s’est avérée infructueuse, exception faite de deux dossiers enregistrés et sur lesquels le Conseil constitutionnel devrait se prononcer dans un délai n’excédant pas les dix jours. Selon un communiqué de la Présidence diffusé hier, la rencontre entre Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui a permis aux deux parties de passer en revue, entre autres,
« la situation politique et socio-économique du pays », particulièrement la situation politique actuelle du pays ainsi que les obstacles entravant le processus électoral ».
Selon des indiscrétions, on s’achemine droit vers le rejet des deux candidatures déposées pour non-conformité aux exigences fixées par la loi électorale, ce qui ouvrira la voie vers des négociations autour de la tenue d’une nouvelle élection présidentielle.
Du point de vue de la loi, les prérogatives du Conseil constitutionnel se limitent à l’examen des dossiers de candidatures, leur recevabilité et leur conformité aux dispositions réglementaires. Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate l’absence de candidats à une élection, la décision revient au Chef de l’Etat de donner les suites réglementaires à ce processus infructueux. La réunion, hier, du Chef de l’Etat avec la Premier ministre donne un avant-goût de ce que sera le devenir de l’élection du 4 juillet prochain. Même si le Conseil constitutionnel n’a pas encore statué sur les deux candidatures enregistrées, il est fort probable que les deux dossiers soient rejetés, que l’élection soit officiellement ajournée faute de candidats. Lorsque le communiqué de la Présidence parle d’«obstacles entravant le processus électoral », il fait allusion probablement à l’absence de certaines conditions techniques nécessaires à la tenue d’une élection présidentielle.
Il va sans dire qu’au plan politique, il est peu probable que le scrutin puisse être organisé à l’heure où l’électorat affiche clairement son refus de ces joutes, alors que les magistrats et une partie de l’administration se sont ouvertement prononcés contre l’organisation de l’élection. L’absence de conditions techniques à l’organisation de la présidentielle du 4 juillet, combinée à ce rejet politique clairement affiché aussi bien par le peuple que par la classe politique conduiraient à l’annonce sous peu de son report, même si cette élection était déjà presque compromise.
Même le vice-ministre de la Défense, chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, semble vouloir désormais dépasser le processus réglementaire prévu par l’article 102 de la Constitution. Tout en appelant au dialogue pour sortir de l’impasse, Ahmed Gaïd Salah a indiqué qu’il« est certain que les contours de la feuille de route de ce dialogue se préciseront davantage à travers le sérieux et la rationalité des initiatives et à travers la recherche sérieuse des solutions idoines à cette crise qui perdure, dans les plus brefs délais ». « La priorité, aujourd’hui, et je le redis instamment encore une fois, est que chacun de nous croit en l’importance d’aller vers un dialogue productif qui permet de faire sortir notre pays de cette phase, relativement complexe, qu’il traverse et assure ainsi la voie vers la tenue des prochaines élections dans les plus brefs délais possibles. Loin, et je le dis, de périodes de transition aux conséquences incertaines, car l’Algérie ne peut supporter davantage de retard et de procrastination », lit-on dans le discours du vice-ministre de la Défense, prononcé en marge de sa visite de travail à la 6e Région militaire. Il apparaît ainsi clairement que l’élection du 4 juillet est comme définitivement compromise et le dialogue que suggère le chef d’état-major devrait aboutir à la nécessité d’aller vers une nouvelle échéance, en excluant l’idée d’une transition politique « aux conséquences incertaines ».<