Le mouvement Ennhada a rejoint, depuis hier, les partisans du report de l’élection présidentielle prévue pour le 4 juillet. Le parti a appelé au report de cette consultation électorale, qui pose des interrogations quant à sa tenue, compte tenu du rejet global exprimé par le mouvement populaire l’ensemble de la classe politique.
La décision a été prise à l’issue de la réunion du bureau national du mouvement,
tenue jeudi, au cours de laquelle les participants ont conclu à «l’impossibilité» d’organiser ce scrutin dans le contexte politique actuel du pays.
Le parti, dirigé par Yazid Benaicha depuis son dernier congrès, évoque à cet effet «la nécessité» de reporter cette consultation électorale et «l’impératif de réunir les meilleures conditions pour pouvoir les tenir ultérieurement». Seconde revendication du parti islamiste : la constitution d’une commission nationale chargée de l’organisation et de la surveillance de l’élection dans le cadre d’un dialogue et d’un consensus à établir entre les acteurs politiques et la société civile.
Sur les affaires de corruption que traite actuellement la justice, Ennahda a estimé que les faits sont révélateurs de l’ampleur de la corruption et de la prédation, accusant le pouvoir d’avoir créé les conditions ayant permis à la corruption de gangrener le pays et ses institutions. Plaidant la nécessité du «départ du régime et de ses figures», le mouvement Ennahda s’est félicité «des acquis réalisés jusque-là par le mouvement populaire», appelant à «la poursuite de ses actions de mobilisation pacifiques et civilisées jusqu’à satisfaction de ses revendications légitimes».
Ennahda exhorte, dans ce sens, les acteurs du Hirak à éviter des revendications qui pourraient nuire à sa cohésion et à son union.
Pour la formation islamiste, le mouvement populaire doit faire du départ du système et des figures qui lui sont apparentées sa priorité, estimant qu’il s’agit là d’un préalable pour la tenue d’une élection libre et transparente. Il faut rappeler que le mouvement Ennahda fait partie des formations politiques regroupées dans un cadre appelé «les forces du changement pour la protection du choix du peuple», réunies autour notamment du Front de la justice et du développement (FJD) d’Abdallah Djaballah.<