Située à l’extrême est du pays, aux portes de la Tunisie, avec une superficie de 2 988,22 km2, El-Tarf dispose de potentialités lui permettant un développement touristique harmonieux bien qu’elle soit aussi à vocation agricole, mais…

C’est une wilaya qui attire à chaque saison estivale plusieurs milliers de vacanciers dont la majorité vient des villes de l’intérieur, notamment Constantine, Khenchela, Oum El Bouaghi, Souk Ahras, Tébessa et surtout du Sud, Ouargla, Hassi Messaoud, Tamanrasset, Tindouf, souvent en excursion pour quelques jours au bord de l’eau. La wilaya dispose d’un littoral de 90 km comprenant une quinzaine de plages ouvertes à la baignade. Elles sont souvent la convoitise d’opérateurs nationaux et parfois étrangers. La dernière prospection est celle faite par une équipe de professionnels brésiliens, qui ont visité le parc animalier, le parc national et les plages. Les immenses potentialités dont elle dispose sont uniques, selon les professionnels touristiques. Cependant, le secteur touristique se heurte depuis des années à un manque de volonté d’investissement en dépit de toutes les facilités offertes et les infrastructures d’accueil, auberges, motels et hôtels, sont loin de répondre aux besoins pressants. Les autochtones louent leurs maisons se trouvant au bord de l’eau à des prix qui dépassent l’imagination. Les motels réalisés uniquement à El-Kala, tel l’hôtel El-Mordjane, style Pouillon, ou le Moulin, récemment réalisé, n’offrent que 1 025 lits. L’un est implanté à Bouteldja, Abou Nawess, fréquenté en été seulement. Plusieurs investisseurs se sont inscrits pour réaliser des infrastructures touristiques mais une fois le terrain acquis, ils changent de projet.
A El Tarf, les responsables locaux ne cessent de vanter la présence des plus prestigieux monuments, malheureusement abandonnés à leur triste sort. Ils sont répertoriés à Bougous, daïra d’El-Tarf, Cheffia, Hakoura, El-Kala et Bouhadjar, pour ne citer que ces sites. Le manque de médiatisation et de sensibilisation font qu’ils sont méconnus du public. Disons que dans un passé tout récent, ce potentiel indéniable a enfanté plusieurs ZET, mais aucune ne semble avoir décollé à cause du manque de sérieux des soi-disant investisseurs économiques d’une part, et d’autre part, une gouvernance approximative du secteur pendant des années. L’actuelle directrice a hérité d’un secteur moribond. Plusieurs années, sans la moindre expansion touristique au niveau de cette wilaya, une gestion à tâtons la reléguant au dernier plan. Le territoire n’a pas d’infrastructures même au niveau de zones les plus prisées par les amateurs de villégiature et de la grande bleue, comme El-Battah dans la commune de Chatt, Messida, commune d’Oum Teboul, ou El-Hannaya, un véritable eden sur terre.

Des ZET sans investisseurs
Le parc animalier créé en 2011 a connu de nombreux problèmes, plus particulièrement financiers. Le dernier directeur en a subi les conséquences, il a été limogé. Les problèmes remontent à la période de l’ex-wali Maâbed, actuellement wali de Béjaïa. Des ZET qui ont pour noms Cap Rosa, El-Hannaya, n’ont pas attiré non plus d’investisseurs potentiels. Les lacs et les marais, qui ont une importance capitale selon les spécialistes, sont abandonnés et les actions néfastes humaines leur ont causé beaucoup de tort. La faune rarissime décline au niveau des lacs mais aussi dans de parc national où les braconniers n’hésitent pas à mener des battues au vu et au su de leurs protecteurs pour ne pas dire la complicité de ces derniers, plus d’une fois avérée. Des études faites en 1984 par l’ENET sur les sources thermales de la région, Mexa, hammam Sidi Trad, Beni Salah et Séliana, dans la daïra de Bouhadjar, dont trois au moins accueillent en hiver comme en été de nombreux curistes, que l’on projette de rentabiliser, ont coûté au contribuable des sommes faramineuses et attendent d’être concrétisées sur le terrain. D’autant que ces sources thermales sont reconnues officiellement d’utilité publique surtout celles de Seliana et Hammam SidiTrad, dans les communes de Bouhadjar et de Zitouna. Par ailleurs, la région est truffée de lieux paradisiaques mais le manque d’une véritable politique touristique a fait que le secteur piétine encore, non pas par manque de volonté, mais par manque d’injection de sommes à la hauteur des projets. Pour ce qui est des sites archéologiques, on en comptabilise 186 sites, témoins des différentes civilisations qui ont marqué leur passage, selon nos sources. Les vestiges les plus connus à El-Tarf sont Lala Fatma qui vient d’être classée, le bastion de France dans la daïra d’El-Kala, la vieille calle. Pour la période coloniale seule une bâtisse a été classée en 1930 comme monument historique faisant partie du patrimoine culturel national. Il s’agit de l’église située à proximité du siège de la commune de la même ville assurant, pour le présent, la fonction de théâtre et de salle de spectacle. A El Tarf, l’artisanat est aussi riche que varié, mais l’espoir de la wilaya repose sur l’encouragement des artisans et la promotion de deux secteurs essentiels, l’agriculture et le tourisme.
Autre atout, Erriadhatt, lieu de convoitise dans la commune de Zitouna, a été retenu pour la réalisation d’un complexe sportif depuis trois ans, avec tous les équipements. Cependant, les autorités locales attendent toujours le démarrage des travaux. Un complexe qui sera en mesure de permettre aux équipes nationales de s’entraîner et de mettre un terme au chômage qui frappe la région. Enfin, notons au passage qu’aucun effort n’est déployé pour désenclaver cette zone rurale afin de soulager les habitants ruraux de Hammam Sidi Trad Nouazi, Nchiaâ Meradia, Oued Rhim, Balout, Djenain, etc. Le site Riadhat à quelques encablures de Méradia accueille tous les jours de la semaine des centaines d’amateurs de la nature rien que pour goûter au plaisir du gazouillement d’oiseaux, le bruit des cascades du hammam qui se trouve à quelques kilomètres de là mais difficilement accessible à cause de l’état de la seule chaussée. Les pistes y conduisant sont abandonnées. Pour ainsi dire, El Tarf a des atouts touristiques, mais très mal exploités. n