En collaboration avec le wali d’El Tarf, la Direction de la santé publique et de la population a organisé, jeudi dernier, un colloque sous le thème « Luttons contre les maladies du sang » portant sur la drépanocytose, une maladie du sang très répandue à travers la wilaya, surtout dans le nord, touchant aussi les wilayas de Skikda et d’Annaba, selon les intervenants.

La salle de l’APW était archicomble. La première intervenante, Mme Belhani, de l’hôpital de Beni Messous, à Alger, a brossé un tableau récapitulatif de la maladie très présente dans le bassin méditerranéen, où elle a relevé que Chypre compte 15% de cas par rapport à l’Algérie qui affiche un taux de 2,7%.
Plusieurs problèmes liés à la lutte pour éradiquer cette pathologie ont été évoqués lors de ce séminaire. Les plus importants, selon le Dr Belhani d’Alger, spécialiste en hématologie, sont liés au manque criant de sang, l’indisponibilité des chélateurs en fer, les contraintes familiales qui refusent de collaborer, la méconnaissance de l’infection qui touche aussi bien les jeunes que les adultes… La drépanocytose, dont les sujets sont touchés par une anémie dite rebelle, n’est pas uniquement l’affaire de spécialistes puisque les patients peuvent être pris en charge par les généralistes. Elle a conclu en disant que le meilleur traitement demeure la prévention, la sensibilisation et surtout les diagnostics précoces.
Le docteur Belhani a aussi développé, dans un langage à la portée de tous, les effets de la maladie, ses complications et son traitement. Elle a indiqué que les parents ont une lourde charge quand ils ont un enfant ou deux atteints de cette pathologie, révélant que les opérations de moelle osseuse coûtent environ un milliard de centimes. Khemis Abidi, cadre à la Direction de la santé d’El Tarf, a traité le sujet du côté historique en disant que deux facteurs sont à l’origine de cette maladie, la proximité de la Méditerranée, les lacs et la consanguinité très répandue dans la région (mariages entre cousin et cousine). Il a souligné que les vaccins qui se font généralement en Tunisie coûtent 21 000 dinars. L’orateur a souligné qu’entre avril 2017 et avril 2018 deux jeunes sont mort, dont un il y a quelques jours, 12 écoliers ont quitté les bancs de l’école et 57% des malades n’ont aucune couverture sociale. Ce qui est fatal, c’est que 49% des parents ne sont pas conscients de la gravité de cette maladie. Enfin, il a indiqué 2 680 sujets sont recensés à El Tarf dont la maladie a été diagnostiquée en 1868, pendant l’occupation française. Le troisième intervenant, le docteur Djenouni, de l’hôpital Pont-Blanc, Annaba, a défini la maladie puis les syndromes drépanocytaires majeurs qui est un important problème de santé publique. De nombreux efforts doivent être encore fournis à différents niveaux, afin de réduire la fréquence de ces anomalies dans cette région.
Il a lancé un appel pressant aux autorités de la santé qui doivent s’impliquer davantage pour lutter contre cette maladie en prenant en charge les patients par la multiplication de centres de référence dans les régions d’El Tarf et de Skikda.
Dans son intervention, le docteur Boutarfa a fait l’inventaire des drépanocytaires dans la wilaya et les problèmes enregistrés en donnant les moyens à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre cette maladie. Quant au docteur Hamdani, elle a parlé des complications chroniques de la drépanocytose homozygote chez les patients de la wilaya d’El Tarf. Plusieurs autres sujets concernant cette maladie ont également été abordés par deux autres intervenants. Dans leurs interventions d’ouverture le wali et le président d’APW ont promis leur soutien en améliorant les moyens de lutte.