Manifestement, El Tarf est une wilaya «taxée» d’agricole et touristique à tort. Sa production agricole demeure la plus faible en dépit des milliers de terres qui siéent à cette pratique mais qui sont abandonnées par leurs propriétaires.

Ces derniers ont quitté leurs douars et mechtas pour s’installer dans des villes et des villages où les commodités de la vie sont plus ou moins réunies. Quant à sa vocation touristique, la wilaya ne la revendique que l’espace d’une saison, l’été. Autrement dit, pendant les trois autres saisons, les villes et villages d’El Tarf n’accueillent aucun touriste, hormis les quelques passagers vers la terre tunisienne qui, elle, vit du tourisme. Pourtant, la wilaya d’El Tarf dispose de grandes potentialités touristiques et agricoles mais elles sont tuées dans l’œuf par manque d’idées, de créativité et de programmes spécifiques. La majorité des terres sont laissées en jachère, les 20 00.0 hectares sont à chaque fois happées par les inondations qui, chaque saison, par manque d’études sérieuses et appropriées, provoquent des conséquences lourdes. On ne sait combien d’argent ont consommé ces études. Ce que l’on sait, avant que Sellal en tant que ministre des Ressources hydrauliques, c’est que près de 500 milliards avaient été alloués à la wilaya pour faire face à ce phénomène dévastateur. Le dernier directeur des services agricoles a été limogé pour avoir refusé une extension sur des terres agricoles. Son remplaçant n’est autre qu’un directeur limogé par les services agricoles de Batna, réhabilité en moins d’un mois pour être placé à la tête de la direction agricole d’El Tarf. Un limogeage en sourdine justifié par un départ en retraite. Par ailleurs, El Tarf est restée pendant des années sans directeur de tourisme bien que l’intermédiaire, un jeune économiste, ait voulu innover mais on lui a coupé l’herbe sous les pieds. Des projets visant à dynamiser les activités de détente et de loisirs ont été lancés à travers les différents sites touristiques notamment à El Kala, Battah, Berrihane, cependant, il convient de dire que le problème du foncier a retardé de plusieurs années la promotion de ce secteur stratégique dans la wilaya. En d’autres termes, le problème du foncier agricole constitue aussi un accroc pour le développement touristique dans la wilaya qui, en réalité, dispose de sites paradisiaques, où 72 % sont occupés par de denses forêts difficilement accessibles par manque d’entretien et de pistes.