C’est un véritable rush que celui observé avant-hier au niveau du poste frontalier d’Oum T’boul, où des centaines de véhicules attendaient pour effectuer les formalités de passage en Tunisie en cette veille de Nouvel An. En effet, la file qui s’étend sur des kilomètres avançait à un rythme très lent poussant conducteurs et passagers à descendre pour se dégourdir les jambes ou essayer de se renseigner sur la situation. Des bus pleins à craquer, des taxis, des véhicules particuliers étaient presque immobilisés n’avançant que de quelques mètres en 30 minutes d’attente.

Certains ont carrément garé leurs véhicules sur le bas-côté de la chaussée pour aller à pied accomplir les formalités parcourant ainsi pas moins de 4 à 5 km avant d’arriver au poste. Et là, c’est encore un autre calvaire qui les attend. La grande salle est archicomble, on n’arrive même pas à accéder aux guichets (une sorte de comptoir) pour déposer son passeport. Derrière, les agents s’activent prenant les documents pour procéder aux vérifications et aux contrôles d’usage faisant de leur mieux pour éviter aux passagers d’attendre. Mais à chaque fois ce sont de nouvelles vagues qui arrivent et chacun voulant passer le premier, la situation dégénère, disputes et altercations, réclamations, intervention des agents pour calmer la situation et ça reprend encore quelques minutes plus tard. Au niveau de la longue file, certains exaspérés et ne supportant plus d’attendre, franchissent la ligne continue pour rouler en deuxième position et espérer ainsi gagner quelques places mais des véhicules arrivant en sens inverse empêchent le passage et ainsi la voie se trouve bloquée dans les deux sens. Il faudra attendre entre 15 et 20 minutes pour que celle-ci soit dégagée. Côté passage des véhicules au niveau des douanes au nombre de 3, l’opération se déroule normalement, on ne perd pas de temps, l’opération ne dure pas longtemps, l’outil informatique étant pour beaucoup. «On se relaie 24h/24 au niveau de ce couloir et nous sommes soumis à une grande pression, ce sont des centaines de véhicules que nous avons traités et le flux continue, il en arrive toujours plus », nous dit un douanier visiblement fatigué. A la question sur la quittance que certains passagers n’ont pas achetée, l’agent nous expliquera en nous montrant du doigt un bureau. « C’est là-bas qu’on peut s’acquitter du montant de 500 DA pour se faire délivrer le document autrement personne ne peut sortir du territoire national. » De l’autre côté de la frontière, au poste tunisien, c’est pire encore puisque chacun devra remplir les fiches de police, l’outil informatique n’étant pas encore mis en service. On dépose son passeport sur le comptoir et on attend pendant près d’une heure avant d’être appelé pour ensuite aller accomplir les formalités de douanes, un autre calvaire en perspective. Ce rush de fin d’année, et en dehors de ceux qui veulent passer le Réveillon en Tunisie, concerne ceux qui font le voyage pour justifier leur sortie parce qu’ayant effectué le change. Autrement, ils seraient obligés de restituer les devises achetées. Ils viennent accompagnés de leurs enfants en bas âge parcourant des kilomètres à pied en cette période hivernale où le froid sévit pour endurer ce calvaire et être ainsi en conformité avec la loi.