Le manque d’eau dans de nombreuses localités de la wilaya a tendance à s’installer et fait les gorges chaudes selon les populations de la bande frontalière.

A commencer par les habitants d’El Meradia, faisant partie de la commune de Zitouna, qui disent souffrir du manque d’eau.
La localité, devenue un centre de vie de plus de mille habitants avec une école primaire, un CEM, une agence postale, une annexe de l’Etat civil et plusieurs autres infrastructures étatiques, n’a pas encore son réseau d’adduction d’eau potable, de viabilisation. Les habitants ont compté sur eux-mêmes en creusant des puits qui coûtent cher sans compter les risques d’accident. La situation portée aux autorités locales n’a rien donné jusque-là. De leur côté, les autorités de wilaya ne font que des promesses afin de calmer la colère des habitants qui ont bu le calice jusqu’à la lie. « Des promesses, rien que des promesses qui tardent à se concrétiser», nous apprennent des pères de famille. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une fois les puits taris, les ménagères se rabattent sur les sources voisines où s’abreuvent bêtes sauvages et domestiques, vecteurs de maladies souvent incurables. Au chef-lieu communal, les services de l’ADE continuent d’envoyer des factures salées, des factures qui dépassent tout entendement mettant leurs clients dans tous leurs états. Les citoyens ont beau introduire des réclamations, mais personne ne semble être préoccupé par le calvaire qu’ils endurent pour collecter quelques litres d’eau, de régler ces factures ne reflétant jamais la quantité consommée (des factures au forfait majoré) en plus. Face à cet état de fait, les habitants crient l’injustice. A Zitouna, en dépit des recommandations du wali, l’eau est servie tous les 10 à 15 jours alors que le barrage de Mexa a connu un excédent de remplissage. Dans des localités comme Oued Zitoun, dans la daïra de Bouhadjar, les cités populeuses vivent le calvaire des robinets secs. Le wali, il y a deux mois, a donné instruction pour résoudre ce problème malgré l’existence de trois barrages opérationnels. Jeudi dernier, il s’est rendu dans la localité de Cheffia, dans la daïra de Bouteldja, pour présider à une opération de mise en activité d’une pompe flottante récemment réparée à coup de millions de dinars. Certains responsables et des élus n’arrivent pas à suivre le rythme de travail du wali animé de la volonté de sortir cette wilaya de sa léthargie.
Le nombre de sorties sur le terrain par semaine traduit une telle vision, mais il est navrant de constater que ses subordonnés continuent de se voiler la face et ne s’inquiètent pas outre mesure des préoccupations de leurs administrés. L’été dernier, l’ex-P/APC d’Oued Zitoun avait dénoncé le laxisme des responsables concernés mais personne ne l’a écouté. En réalité, nous avise un responsable dans les rouages administratifs, il s’agit tout simplement d’une mauvaise gestion de cette importante ressource hydrique qu’enregistre la wilaya (900 à 1 200 mm de précipitation) par an. C’est à ne rien comprendre. Enfin, les habitants de la localité d’El Méradia réclament leur part de développement. « Nous vivons le calvaire non pas en matière d’alimentation en eau potable, simplement, mais en matière de tracés de routes, de viabilisation, de transport et plusieurs autres insuffisances », nous lancent des responsables de mechta. Un autre groupe nous a indiqué qu’il est las des promesses de responsables non tenues depuis plus de vingt ans. Ces habitants réclament leur part de développement. Les communes de la daïra de Bouhadjar sont à la même enseigne, subissant les mêmes problèmes.