Loulidja, une localité faisant partie administrativement de la commune de Zitouna, fait fuir sa substance humaine à cause du manque de projets structurants pouvant retenir ces ruraux sur leur terre. «Ici la vie est extrêmement difficile surtout en période hivernale, notamment pour ceux de la rive ouest», nous apprend un homme de quarante ans affairé sur ses terres de trois hectares environ. La localité dans la commune d’El Tarf abrite quelque cinquante familles issues de quelques tribus qui tiennent encore à leurs terres qui les font vivre. La localité depuis une dizaine d’années s’est progressivement vidée de ses jeunes qui ont déménagé au chef-lieu en construisant leurs propres maisons ou qui se sont inscrits sur des listes d’attribution d’unités rurales. Si ce n’est le pont nouvellement réalisé, la rive ouest serait enclavée hiver comme été. En dépit de sa vocation exclusivement céréalière, la localité doit faire face à son enclavement et au problème de son alimentation en eau potable. L’eau est reçue dans les robinets pour certains seulement une fois tous les vingt jours, parfois plus. La salle de soins, bien que retapée à neuf, fonctionne selon la volonté de ses gestionnaires, elle est souvent fermée. L’école qui se trouve à proximité compte une dizaine d’élèves, le taux de natalité est trop bas. Seules les personnes âgées de plus de soixante ans sont restées pour s’occuper des terres arables donnant des rendements appréciables et où des éleveurs disposent de dizaines de cheptel constituant leurs ressources. Les jeunes ont choisi de vivre ailleurs à cause de l’enclavement de cette localité, distante de sept kilomètres du chef-lieu de wilaya. Les jeunes ont cotisé pour construire une mosquée afin de permettre à leurs parents âgés de faire leurs prières sur place leur évitant de longs déplacements jusqu’à Aïn Kerma ou Zitouna, à 4 et 7 km. Ce lieu de culte est en voie de réalisation grâce au bénévolat et à la contribution financière des notables des régions environnantes, des nantis ou des entrepreneurs. Les élus locaux, comme ils l’ont promis lors de la campagne pour le renouvellement des APC, doivent mettre tous leurs efforts pour tenter de fixer les habitants sur leurs terres et inciter les jeunes de cette localité à y revenir en leur offrant les commodités d’une vie décente. « Les jeunes élèves se rendent souvent à pieds jusqu’à Zitouna, pour rejoindre le CEM ou le lycée lorsque le ramassage scolaire vient à manquer », nous apprend un habitant de la localité. Dans un passé récent les autorités ont, par ailleurs, réalisé deux châteaux d’eau, un pour sur chaque rive mais l’approvisionnement en eau se fait tous les vingt jours. n