Le quartier situé à proximité du lycée Abderrahmane-Bensalem, à l’entrée de l’agglomération non loin de la station-service Naftal, est plongé dans l’obscurité depuis plusieurs mois, les lampadaires grillés n’ont jamais été remplacés. Les habitants sont également confrontés à un dysfonctionnement du ramassage des ordures ménagères et à ses désagréments…

Les locataires de cette cité-dortoir, dont les murs n’ont pas été repeints depuis la nuit des temps, se lamentent en outre du manque d’alimentation régulière en eau potable, un problème qui provoque la colère des habitants qui ne savent à qui s’adresser pour résoudre ce sempiternel problème dont est frappé un peu plus de la moitié de la population tarfinoise. «La veille, plusieurs coupures électriques successives ont fait croire le pire aux locataires de ces cités dortoirs», nous informe Ammi Madjid, un gardien. Certains nous confient qu’ils ont perdu leurs téléviseurs récemment, d’autres une machine-à-laver suite aux coupures récurrentes. « Nous avons tenu à informer les responsables de ce secteur en vain. Ces derniers font la sourde oreille alors que ce problème est récurrent et touche plusieurs quartiers du chef-lieu de daïra et des localités rurales », ajoute-t-il. « Les entrepreneurs ayant pris en charge la réhabilitation des chaussées de cette commune ont failli à leur mission », rétorquent des pères de famille. Les entrepreneurs ont empoché l’enveloppe financière sans pour autant assurer la réparation. Les habitants de cette contrée, rarement visitée par les autorités de wilaya, vivent des problèmes indescriptibles de scolarisation, d’aide sociale, de route, d’habitat, de santé… «Oui, nous sommes sollicités seulement lors des élections locales, de wilaya ou nationales», nous signale Brahim, un retraité. Dans ces zones rurales, de nombreux pères de famille attendent le branchement de leur logis au courant électrique car le transformateur a sauté. A la suite d’incessantes réclamations, les responsables de Sonelgaz ont enfin placé un nouveau qui alimentera plusieurs familles au-delà de ses capacités. Ici, dans ces douars de Seliana, Damous, Mohamed-Tayeb, le train de vie n’a pas changé d’un iota, les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. Les familles sans soutien social vivent au seuil de la pauvreté. C’est vraiment regrettable pour cette région ayant donné ses meilleurs fils à la Révolution de Novembre 54. Une vieille dame nous raconte que souvent, elle use du système «D» pour chauffer la chaumière. «Le bois dans les forêts se fait de plus en plus rare», nous dit-elle. A Hammam Beni Salah, qui ne compte qu’une route pour se rendre à ce village agricole voisin, la situation est plus délicate encore. Les habitants d’oued Zitoun ne sont pas mieux lotis. Les problèmes sont légion pour ces habitants pourtant courtois, affables et hospitaliers. A vrai dire, même le chef-lieu de daïra n’est pas bien entretenu, les rues sont jonchées d’ordures. Le visiteur a l’impression que les éboueurs sont en grève depuis bien longtemps. Les autorités de cette daïra ont certainement reçu le message de ces habitants qui n’ont jamais demandé la lune mais le minimum d’une vie décente. Ces derniers se plaignent du manque de raccordement au gaz naturel dans certains quartiers. Ils se lamentent de la connexion Internet qui a la lenteur d’un escargot alors que les abonnés paient rubis sur ongle chaque mois. L’état de la chaussée à proximité du chef-lieu de daïra est impraticable. A Bouhadjar, il suffit d’une averse pour que les rues deviennent boueuses. « Parfois, il m’arrive de ne pas pouvoir accéder à ma demeure à cause de la boue », ajoute un jeune homme. La vie à Bouhadjar est intenable et accentuée par l’enclavement de la contrée dont les populations vivent de la pratique agricole. « Vous constatez de visu, aucun projet de développement pouvant prendre en charge les jeunes sortant des centres de formation, de grandes écoles et des universités », nous lance notre interlocuteur, Wahab, qui a décroché son diplôme de l’université d’El Tarf est chômeur depuis 2017. Plusieurs jeunes sont dans le même cas, la direction de l’emploi de jeunes est traitée de tous les noms. A la fin de la semaine passée une action de solidarité citoyenne a permis la construction d’une demeure pour une vieille femme sans logis. n