Lors du regroupement des agriculteurs de la région Est, le directeur des services agricoles a évoqué les différentes contraintes qui minent le devenir du secteur agricole. Il a cité, en particulier, les eaux de pluie qui empêchent les professionnels de ce secteur stratégique de travailler la terre pendant plusieurs mois.

En effet, les inondations des terres se trouvant sur les plaines est un problème crucial qui n’a pas encore trouvé de solution adéquate en dépit de l’injection de sommes colossales dans les études pour la protection de ces terres arables. Il a en outre tenu à révéler en présence de tous les participants que la wilaya d’El Tarf, en particulier, ne dispose pas suffisamment de foncier pouvant répondre à l’attente des agriculteurs. Il a néanmoins indiqué que plus d’un milliard de dinars a été dégagé pour encourager les différentes filières inhérentes au secteur agricole. 20% seulement de l’importante superficie agricole de 84 000 hectares SAU sont réservés à la pratique agricole. M. Kamel, directeur des services agricoles n’a pas omis de signaler, en présence du wali, que 5 000 ha demeurent en jachère pour diverses raisons. Auparavant, le wali, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette réunion, consacrée à quatre wilayas, de 200 fellahs et investisseurs venus en particulier de la wilaya de Annaba, a brossé un tableau récapitulatif du secteur agricole. Un tableau noir, selon les observateurs présents, puisque le secteur a régressé de manière alarmante perdant, comparativement aux années 2000, de précieuses places. Il a dit en substance que dans un passé non lointain, le secteur agricole occupait les premières loges faisant la fierté des fellahs. Ainsi donc, le wali est venu au secours des vrais professionnels du secteur en annonçant plusieurs mesures pour la relance de ce secteur moribond. « Tous les moyens matériels et hydriques seront mis à la disposition des fellahs. Une telle faveur ne sera accordée qu’aux vrais agriculteurs qui manifestent la volonté de participer activement à la promotion du secteur agricole en régression », a annoncé le wali d’El Tarf. « Les portes de la wilaya seront grandes ouvertes aux agriculteurs, car j’ai donné des instructions pour vous accorder toutes les facilités afin de pouvoir relancer le secteur dont la machine est grippée depuis des années », a ajouté le premier responsable de la wilaya. Il a fait un rappel sur les années, où El Tarf disputait les premières places dans les filières agricoles, l’élevage et la tomate industrielle et s’est demandé pourquoi la wilaya a dégringolé dans ce secteur stratégique malgré les atouts dont elle dispose. En réponse aux préoccupations des professionnels du secteur, le wali a annoncé que toutes les contraintes qui freinent la promotion de ce secteur sont levées. Aussi, il a sommé ses collaborateurs à recevoir les agriculteurs et à leur accorder toutes les facilités. S’agissant de l’eau, il a instruit ses services d’autoriser les agriculteurs à commencer les opérations de forages des puits. La wilaya d’El Tarf compte 1 157 investisseurs agricoles qui exploitent 23 229 17 ha. El Tarf, qui dispose de tous les atouts, pouvait participer activement au développement dans plusieurs filières, notamment les céréales et surtout la tomate industrielle. Dans un passé récent, les quatre wilayas, Skikda, El Tarf, Annaba et Guelma, assuraient 85% du besoin national. De nos jours, le rendement à l’hectare est insignifiant et les superficies exploitées n’excèdent pas les 7 000 ha. Le wali a rassuré les fellahs usant d’un langage franc et sincère. « Les vrais fellahs auront leur quota en eau d’irrigation et l’accompagnement. La DSA mettra à leur disposition les ingénieurs vulgarisateurs », a fait savoir le wali. L’après-midi a été consacré à un débat qui a permis de mettre au clair plusieurs préoccupations des agriculteurs où le wali a sommé les présents de retrousser leurs manches afin de rattraper le retour surtout quand on sait que le gel dans l’investissement agricole est levé. Il a sommé le responsable du secteur à attribuer des terres aux jeunes sortant des universités en les incitant à investir dans ce créneau porteur et générateur d’emploi.