L’Association nationale pour la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution (ANPEP), qui a procédé au renouvellement de son agrément, milite depuis plus de vingt ans, sous la présidence de Halimi Ali, pour la protection de l’environnement dans plus de 18 wilayas de l’Est algérien.

Avant la célébration de la Journée des zones humides, elle a eu l’ingénieuse idée de réunir les élèves du lycée Tamer du lac des Oiseaux, des universitaires, un représentant de la Direction des forêts, un autre de l’environnement, de nombreux journalistes et des orateurs, qui ont présenté quatre thèmes différents sur les zones humides. Cette journée d’étude s’est soldée par une visite scientifique au lac des Oiseaux, classé en 1997 et qui s’étale sur plus de 40 hectares, et qui, comme les autres lacs, sera cerné par le béton, cas évoqué par le chercheur Rafik de l’université d’El Tarf, un fervent défenseur de l’environnement, celui de la gravière de Béjaïa, qui servait dans le temps au fonctionnement de la plus grande briqueterie de l’est algérien et qui est sur le point de disparaître. Les participants, défenseurs de la nature et membres de l’ANPEP, ont été invités à visiter le lac qui se trouve à quelques mètres. Les membres de l’association ont donné des cours sur l’éducation environnementale auxquels les universitaires, lycéens et autres ont été très attentifs aux explications données par des spécialistes sur l’importance des zones humides et les principaux rôles qu’ils peuvent jouer dans différents domaines notamment touristique, économique, protection des habitants sur le plan sanitaire, etc. Le lac en question compte, selon les derniers recensements, une trentaine d’espèces d’oiseaux, le canard siffleur, le canard pilet, les cigognes. Les membres de l’association ont dénoncé les agressions sur cet environnement exposé au déversement des eaux usées, aux objets polluants, aux agressions du béton dont les élus locaux et de wilaya sont complices sous le fallacieux prétexte de développement. Pour sa part, le docteur Bakaria Fatiha, de l’université d’El Tarf, a présenté un exposé sur les différents rôles des zones humides pour la préservation saine de l’environnement. Ainsi donc, elle a indiqué que les zones humides ont une influence directe sur la biodiversité et dans l’écosystème ». Mme Bakaria a donné des définitions précises sur les mares, les marécages, les zones humides qui entrent dans cette catégorie, selon la convention Ramsar. « Les étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres ainsi que les zones inondables, ripisylves, bois marécageux, forêts alluviales, marais et marécages, prairies alluviales ou humides, plaines et vallées alluviales, vasières, oueds, gravières, hydrophones, comme les aulnaies, cariçaie, rizières, roselières, saulaies, tourbières acides ou alcalines… ». Le docteur chercheur s’est attardé sur des définitions importantes comme les lagunes qui sont des étendues d’eau généralement peu profondes séparées de la mer par un cordon littoral, souvent constitué de sable fin. Ce cordon se modifie naturellement, il est vulnérable aux assauts de la mer (tempêtes, tsunamis). Le plus souvent, les lagunes ont été aménagées par l’homme (lac Mellah). Lors de ce regroupement, un orateur a souligné que la convention Ramsar ne peut, à elle seule, protéger les zones humides. C’est à l’Etat, qui a paraphé cette convention, de mettre en branle des lois pour la protection en impliquant surtout le riverain. Fatiha Bakaria a présenté un exposé sur les zones humides à travers le monde à travers celles de la wilaya d’El Tarf répertoriés à Aïn El Assel, Chatt, lac des Oiseaux et El Kala qui accueillent chaque année des milliers d’oiseaux. L’oratrice maîtrisant son sujet a axé son travail sur les nombreuses fonctions spécifiques aux zones humides, biologiques ce sont des milieux de vie remarquables pour la biodiversité, oiseaux, batraciens mammifères, poissons, insectes, serpents, une fonction climatique puisqu’elles participent aussi à la régulation des microclimats. Les précipitations et la température atmosphérique peuvent être influencées localement par les phénomènes d’évaporation intense d’eau au travers des terrains et de la végétation (évapotranspiration) qui caractérisent les zones humides, un rôle économique capable de subvenir aux besoins d’une région grâce aux activités touristiques, de loisirs, de chaînes d’emploi… Elles peuvent ainsi tamponner les effets de la sécheresse. Les zones humides sont aussi un soutien pendant les périodes de sécheresse (période d’étiage) car elles transfèrent les eaux de la zone humide vers le cours d’eau ou la nappe phréatique, qui a en outre une fonction culturelle et éducative. Enfin notons que les zones humides sont des supports d’activités récréatives (découverte naturaliste, pêche, chasse) et en tant qu’élément paysager faisant partie du patrimoine historique, culturel et naturel. Les participants ont eu droit à une visite guidée au lac des Oiseaux et des casquettes offertes par le sponsor Fertial qui a créé le filtre anti polluant. n