La grogne règne en ces dernières journées du mois suite à une pénurie de carburant au niveau des stations d’essence à travers les vingt-quatre communes de la wilaya. Cette pénurie touche plus particulièrement le côté est du chef-lieu de wilaya d’El Tarf, où on a constaté que les employés pompistes de ces stations sont en majorité en chômage à partir de dix-neuf heures faute de carburant. Une situation plusieurs fois décriée, qui a pour origine un mauvais approvisionnement, selon nos interlocuteurs qui préfèrent garder l’anonymat de peur des représailles du directeur de l’énergie d’El Tarf. Pire, ces derniers ont dénoncé les agissements de ce responsable, qui « planifie les rotations sans aucune logique ». Pour rappel, la wilaya dispose de 35 stations-services et compte encore en attribuer d’autres, alors que ces stations sont distantes les unes des autres de trois à douze kilomètres, exception de celles dans l’extrême sud-est de la wilaya, entre 10 et 43 km. La baisse d’approvisionnement intervient à des périodes cruciales comme le lancement de la campagne moissons-battage pendant laquelle la consommation double chez les fellahs, qui usent de tracteurs et de moissonneuses-batteuses, et de la saison estivale, étant donné que la wilaya est une destination privilégiée des vacanciers et touristes de passage vers la Tunisie. Le directeur, au lieu de travailler en collaboration avec les gérants de station, a créé depuis son arrivée un grand fossé. Il ne daigne pas les consulter et mène une gestion à sa guise, favorisant les uns, pénalisant les autres. Ici personne n’a encore saisi le sens d’une telle attitude. Selon les gérants de ces stations, le responsable de la direction des énergies n’a même pas envisagé le stock de sécurité, qui est de l’ordre de 20 000 à 40 000 litres. Un stock qui viendra au secours de la wilaya en cas d’imprévu. L’initiative prise par le wali, en 2010, pour soi-disant contrecarrer les contrebandiers du carburant, n’a donné aucun résultat positif et devient donc caduc car leur nombre a augmenté depuis. Ce décret de wilaya contraint les pompistes à ouvrir un registre pour signaler les particuliers qui font le plein d’essence et de limiter ceci à 600 dinars seulement. La pénurie de carburant pénalise en grande partie les propriétaires de camions engagés dans le transport d’agrégats (sable, gravier, roches, remblais etc.) destinés à satisfaire l’entreprise chargée de la concrétisation du dernier segment de l’autoroute est-ouest distant de 86 km (Drean est du chef-lieu de wilaya-Ramel Souk frontière algéro-tunisienne) qui passe par une dizaine de communes environ. Un tel manque risquerait de retarder la concrétisation de ce projet dont la mise en service est prévue pour le mois de décembre prochain. Il est demandé au directeur de revoir sa politique de gestion dans l’intérêt économique de la wilaya qui accuse justement des retards dus à l’incompétence de plusieurs gestionnaires en augmentant les quantités afin de ne pas vivre les pénuries des précédentes années. n