L’affichage des listes des bénéficiaires de logement de la commune de Chatt, dans la daïra de Ben M’hidi, ne cesse de faire des gorges chaudes. Les habitants qui n’étaient pas sur cette liste ont affiché leur mécontentement. En effet, sur les 1 214 distribués par la commission, jeudi, il y a eu plus de 1 000 recours déposés dimanche. Afin de permettre à tous les contestataires de déposer leur recours avec notamment les justificatifs, la wilaya leur a consacré quatre bureaux. L’opération a commencé à dix heures du matin et ne s’est achevée que tard tant le nombre de recours était inattendu par les agents chargés de cette tâche. Selon les échos que nous avons collectés auprès des mécontents, les membres de la commission désignée ne se sont pas acquittés de leur mission. Plusieurs citoyens habitant à Chatt depuis de nombreuses années n’ont pas été portés sur les listes qui ont été contestées dès leur affichage jeudi. Les protestataires ont exprimé leur colère en dénonçant le parti-pris de certains membres qui ont retenu des membres de leurs familles ou des proches. Notons que les autorités de cette commune sachant que les listes allaient provoquer la colère des citoyens ont placardé les listes dans plusieurs endroits pour pouvoir permettre aux demandeurs de logements de s’informer. Il est à noter que les esprits sont chauffés à blanc dans cette commune populeuse, distante du chef-lieu de wilaya de soixante kilomètres et de la grande métropole Annaba de moins d’une dizaine de kilomètres. Le P/APC a été incapable jeudi juste après l’affichage des bénéficiaires de calmer les esprits. Les protestataires dont certains accompagnés de leurs enfants ont fustigé la commission et demandé au P/APC de prendre ses responsabilités. Des slogans hostiles ont été affichés en face du siège de la commune. Par ailleurs, des délégués ont été désignés afin d’exposer de vive voix le problème au wali. « Je suis de Chatt de père en fils, j’ai formulé ma demande comme tout le monde mais sans résultat pour la deuxième fois », nous avoue Abdessater, habitant un taudis depuis maintenant une quinzaine d’années. « La commission qui a enquêté n’a pas été loyale aussi, elle a été bernée par des personnes influentes », nous indique Djilali, père de famille de quatre enfants. Il ajoute : « J’ai été éjecté des listes pour je ne sais quelle raison. Pourtant plusieurs m’ont rassuré que cette fois ce serait la bonne. » n