Le mauvais temps est de retour dans la wilaya d’El Tarf. Le froid s’est installé et il a plu des trombes trois journées de suite, au point où les citoyens ont remis en marche leur poêle à mazout pour ceux qui n’ont pas été branchés encore au réseau du gaz naturel, bien que ce dernier passe à quelques mètres seulement de leurs chaumières.

Le problème, nous dit-on, a pour origine le laxisme des élus qui n’ont pas pris de décisions fermes pour enlever les enclos implantés illicitement par des citoyens qui se croyaient au-dessus de la loi. Ces enclos gênent les travaux pour leur connexion au réseau. En tout état de cause, le froid s’installe à travers toutes les localités de la wilaya surtout sur les hauteurs, où le mont d’El Mcid, plus de 1 000 mètres, s’est couvert d’un manteau blanc. Le froid est craint aussi par les habitants des communes d’Oued Zitoun, Hammam et surtout Bougous, surplombé par le mont Ghoura, plus de 1 200 m, à cause du manque de revendeurs de bouteilles de gaz butane. Un manque attribué généralement à l’absence de transport, à l’état des routes impraticables et le manque d’une politique de tracés de pistes permettant aux pneumatiques de se frayer un passage. Depuis le retour du mauvais temps, les agents de la Protection civile sont mis à rude épreuve face aux inondations qui menacent plusieurs habitations ainsi que des établissements étatiques dont les fonctionnaires et agents ont dû improviser un petit pont avec des planches pour rejoindre leurs bureaux. La situation est alarmante au niveau de neuf communes au moins, selon la Direction de la Protection civile. Ces communes sont connues par les groupes de logements qui ont les pieds dans l’eau, car réalisés sur des zones inondables, du côté de la localité d’El Frin El Kala jusqu’au Chatt.
A noter que plusieurs autres ne sont pas épargnées, comme Besbes, Drean, Chihani Ben Ammar, Kous, etc. Les études effectuées par les services hydrauliques ont coûté les yeux de la tête sans pouvoir contrecarrer les inondations. Plusieurs milliards de centimes dépensés pour avoir en fin de compte la même situation vécue en 2012. La Direction de la Protection civile a répertorié pas moins d’une quarantaine de points noirs. Enfin, les pluies torrentielles vont permettre de remplir les trois barrages que compte la wilaya et qui sont actuellement à moins de 50% de leur capacité de stockage. Elles sont bénéfiques sans doute pour les agricultures et les travaux des champs, mais elles sont redoutées par la population surtout ceux qui occupent des habitations précaires. Les habitants approchés par Reporters, sous une pluie battante, dénoncent le mauvais entretien des avaloirs et les malfaçons caractérisant les trottoirs.